dessin : Yoshikawa 1993

Le monde clos de la globalisation,
le développement économique autoritaire et l'avantage humain de la révolution sociale. [2]


by Christian Pose

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3/4 - La révolution sociale n'est pas un mythe, elle relève de l'organisation, de la recherche-action, individuelle et collective, de la mémoire. Le mouvement altermondialiste agit dans ce sens (Altermonde, par exemple, avant-gardiste non violent sur la toile). L'abondante pensée économique sociale révolutionnaire des XXème et XXIème siècles offre également d'importants outils de construction comme ceux du chilien dissident exilé Robinson Rojas (très important analyste et critique de la globalisation par les différents théoriciens contemporains, de ses conséquences en Amérique Latine et dans le monde). Citons également l'approche marxiste révolutionnaire classique (impliquant la lutte armée) de l'iranien Mansoor Hekmat, acteur infatigable (mort prématurément) et icône iranienne de la révolution sociale, l'irakien Rebwar Ahmed (leader actuel du parti communiste ouvrier irakien), l'iranien Hamid Taghvee (leader actuel du parti communiste ouvrier iranien) ou Houzan Mahmoud (leader de l'organisation pour la liberté des femmes en Irak et en Iran, éxilée en Grande Bretagne)...



".... When there is no truth there is no value ! (However) capitalism as brougth us... prosperity..." (Kelly Jane Torrance)


Kelly Jane Torrance écrira encore, comme pour mieux s'en concaincre : " (...) Marilyn Monroe knew Randolph Scott, of course, but she also knew of Dostoyevsky..." et à la mort de Jacques Derrida : "For deconstructionists, there is no such thing as truth. When there is no truth there is no value.... (However) Capitalism has brought us unmatched prosperity increased freedom for women and other minorites, and myriad of consumer products to fulfill our every desire."...

Le sénateur républicain George Mitchell (AEI) cherchera un vaccin à la "maladie virale” (spectre de la république bipartisane) qui affaiblirait la cohésion des classes moyennes, dans un "jeu à somme nulle" pour les plus pauvres et les exclus des systèmes de production : “je gagne, tu perds”, dans Competition Solution, The Bipartisan Secret Behind American Prosperity de PauL. A. London, (AEI et adjoint du secrétaire au commerce pour l'économie et les statistiques de Bill Clinton, 1993-1997) :
"Economist Paul A. London examines the history of America's economy over the last several decades and the sources of our recent success, and comes to surprising conclusions about what we can learn from it. London argues that prosperity in the 1990s was the result of political struggles over several decades that opened up markets and increased competition within them, rather than the changes in monetary or tax policy that most economists focus on. Competition, not the Federal Reserve, ended inflation by making it impossible for businesses to raise prices; competition, not tax cuts, spurred investment by forcing companies to make investments that enabled them to cut costs and expand.... London uses anecdotes and examples to show how both Republicans and Democrats helped bring down the oligopolies and monopolies by backing open trade, supporting antitrust, and ending price fixing in key industries. He tells the story of how the courts and politicians helped competitors challenge the Big Three auto companies and the United Auto Workers; Big Steel and the steelworkers union; airlines and their unions; AT&T and the Communications Workers of America; the trucking companies and the Teamsters; the established eastern financial institutions; and even powerful local retailing interests. Our future prosperity, London argues, will require political leaders who are willing to take on these kinds of fights".

“Our Society needs the energies of the creative imagination as expressed in religion and the arts, dira Irving Kristol en noyant le poisson dans "The Capitalist Future" (2000). It is crucial to the lives of all our citizens, as of all human beings at all times, that they encounter a world that possesses a transcendent meaning, in which the human experience makes sense. Nothing, absolutely nothing, is more dehumanizing, more certain to generate a crisis, than experiencing one's life as a meaningless event in a meaningless world".


"La révolution sociale..."


Robinson Rojas poursuivra l'élaboration d'une théorie générale de la réalité économique et sociale latino-américaine, source vivante d'inspiration de la révolution sociale latino-américaine, à l'heure où culminent les craintes obsessionnelles des élites quant à l’avenir de l’économie de marché dans le monde et, comme une conséquence, à l'heure où se dessinent clairement les objectifs de sécurisation du processus de globalisation, zones par zones, tels que fixés par Tom Ridge au sommet de l'Asia-Pacific Homeland Security à Honolulu, le 15 novembre 2004... (le sommet de l'APEC de Santiago aura lieu à la même période).
Tout comme Mansoor Hekmat écrira infatigablement les fondements théoriques de la révolution sociale en Iran, pas seulement pour l'Iran mais également pour les pays au capitalisme avancé comme les Etats-Unis; ses oppositions à l'Etat industriel, d'où qu'il soit, "aux gauches nationalistes non ouvrières", à l'utopie du développement du marché capitaliste mondial, au fatalisme du sous-développement, à l'état religieux forcément totalitaire ou au fédéralisme régressif iranien, sont célèbres.
Tout comme Rebwar Ahmed (leader du parti communiste ouvrier irakien), Abdulhakim Rahim, Basim Kazim (syndicalistes malmenés de l'industrie du coton à Bagdad), Houzan Mahmoud (leader de l'organisation pour la liberté des femmes en Irak et en Iran, exilée en Grande Bretagne depuis 1997) ou Amjad Al-Jawhari (initialement de l'industrie du textile, désormais militant pour l'unité de la classe ouvrière au sein du syndicat des chômeurs irakiens et au sein de la FWCUI) écriront les bases contemporaines, saines, du communisme ouvrier irakien, du syndicalisme, de la lutte et de la démocratie vraie...

Rappelons, ici, que beaucoup de femmes et d’hommes seront malmenés, emprisonnés, torturés sinon tués :
- pour avoir dénoncé le clientélisme du gouvernement Allaoui. Clientélisme “garanti” par des intérêts économiques résolument contradictoires, par la tentaculaire US Ex-Im Bank (elle-même couverte à 95% par le budget pétrolier de l'Irak's Development Found sous contrôle de l'Occupational Authority, à tout le moins jusqu'en juin/juillet 2004),
- pour avoir dénoncé les "absorptions" directes et indirectes du système énergétique, gaz et pétrole irakien, par les multinationales américaines, japonaises, européennes et leurs filiales,
- pour avoir dénoncé les absorptions du système bancaire commercial irakien comme l’absorption de la Trade Bank of Irak (issue des garanties commerciales du programme des Nations-Unies "pétrole contre nourriture" de 1995, époque des sanctions contre le régime de Saddham Hussein) par JP Morgan Chase (fusion en 2000 de Chase Manhattan Corporation et de JP Morgan & Company; JP Morgan Chase qui comptera à son conseil international et à son bureau : George Shultz, figure emblématique de l’American Enterprise Institute, président du bureau des directeurs de Bechtel, Riley P.Bechtel, président & CEO de Bechtel Group, Lee R. Raymond, président d' Exxon Mobil Corporation…; Chase -autre forme de la dérégulation mondiale et du crime économique international- qui coiffera au Qatar les intérêts de la Banque Nationale du Qatar en gérant trente ans durant les exportations de pétrole et de gaz naturel de la monarchie)…
- pour avoir dénoncé un processus global d’absorption/privatisation de l’économie nationale irakienne que masquent “l’occupation stratégique” américaine, le terrorisme islamique, les arrestations arbitraires, les prises d’otages, le climat de terreur, les informations manipulées...

La très actuelle et très courageuse résistance d'Amjad Al-Jawhari, représentant de la fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak (FWCUI) et de Kifah Hasn, porte-parole féminin des syndicats ouvriers et conseils de la région de Bassora dans les secteurs du pétrole, de l'énergie et des transports maritimes, aux tentatives répétées d'absorption du syndicalisme populaire irakien par le "nouvel" Etat industriel militarisé sous la férule d'Allaoui et des lobbys étrangers, seront à prendre très au sérieux et justifieront, sans aucun doute, le soutien inconditionnel des oppositions civiles et politiques occidentales.

A ce titre, et sur le terrain militant du marxisme iranien, Mansoor Hekmat (1951-2002), Hamid Taghvee (WCP, leader du parti communiste ouvrier iranien), Koorosh Modarresi (WCP-hekmatiste) ne manqueront pas de rappeler le rôle que jouera dans l'histoire de la répression du communisme ouvrier iranien "la minorité des patrons enrichis" propulsée au sommet de la collaboration industrielle internationale, agents-intermédiaires privilégiés de la consommation des classes dominantes (y compris religieuses), de l'Etat politique islamique iranien (autre monde clos bourgeois, autre affaire privée au service de quelques uns), ciment de la subordination des chômeurs, des ouvriers, des paysans, à l’économie de subsistance. Proche et Moyen-Orient, Afrique, Inde, Amérique Latine...

A la façon du chant général ininterrompu de la révolution sociale, Robinson Rojas écrira entre 1984 et 1985 pour la région latino-américaine et comme pour mieux toucher le monde :

".… all theories of the Latin American process have been biased by an external approach….A theory of the Latin American process must conceptualize the social organization of the continent in itself, and not as an appendage to the development of capitalism in the industrialized countries. Such a theory must be centered on the internal dynamics of the Latin American social structure, and then assess the actual role played by capitalism and imperialism in its policy. It is argued that Latin American development, as based on a restricted, limited, and upper class oriented type of market, and a fragmented society, is possible because it corresponds to a particular organization of the labour process, which in turn, is the product of a particular mode of production. This particular mode of production is the outcome of the fusion of different modes of production in the region. In this context, the international capitalist system-at its imperialist stage- is not a cause, but a profiteer and supporter of the contemporary social structure in Latin America. This particular organization of the labour process sets the boundaries (limits) within which Latin America’s social structure, political organization and organization of labour can vary…The main barrier to development in the region lies not in its economic structure but in its social structure. Therefore, revolutionnary change must start at the social level, political level that is, and not at the economic level.

"1- US imperialism domination in Latin America is not a cause, but an effect of the social and economic structure of the region.
2- It is not capitalism that produced Latin American underdeveloppement, but the social and economic system prevalent in the continent which produces both its backwardness and its imperialist dominance and exploitation.
3- The relatively low level of industrialisation is not a cause but an effect of the prevailing Latin American social structure.
4- The non-democratic forms of government in the region are not a cause but an effect of the prevailing Latin Amerian social structure.
5- Imperialist domination, underdevelopment, underindustrialisation, and dictatorship are not syndromes of a "sickness" in the region, but instances of the Latin American social structure, as reflections of the articulation between capitalist relations of production and a pre-capitalist social structure.
6- Therefore, the main restriction on development in Latin America (...) is not economic, or technological, but social.
7- It is the Latin American social structure which is the cause of underdevelopment, and the barrier to development... Consequently, all the specific features that characterise Latin American society (at different levels of development in each nation-state of the region) are not the effects of external causes... neither of underdevelopment caused by the development of capitalism in the global centre, nor a parallel existence of two different modes of production, nor the effect of dependence on imperialist centres...".


"Le communisme est mort…Le socialisme est un virus mutant!" (Ronald Reagan)
“If you de-legitimize this bourgeois society, the market economy is also de-legitimized…”(Irving Kristol)



La restitution au peuple américain des richesses dispersées dans le monde, "la constitution d'une authentique culture bourgeoise des classes moyennes support de l'économie de marché, seule forme d'organisation économique a avoir réussi s'imposer en Europe, (au Japon) et aux Etats-Unis... on ne peut espérer ou faire mieux, dira Irving Kristol en s’appuyant sur Adam Smith. Y compris d'un point de vue moral. Peut-on trouver une meilleure légitimité morale ailleurs que dans une activité guidée par le seul intérêt privé ??"

Marx, lu par la philosophe Solange Mercier-Josa, verra ici le substrat du génie du crime (le parallèle d'avec Kristol est de nous et non de Mercier Josa) et sous l'idéalité hégélienne de l'Etat (autre affaire privée), que Marx critique abondamment, un idéalisme qui apparait dans la situation de paix soit comme une contrainte extérieure qui est imposée à la puissance dominante, à la vie privée par une "action directement exercée d'en haut", soit comme le résultat aveugle et inconscient de l'égoïsme. La "réalité qui lui est propre", traduira Mercier-Josa dans Travail-Propriété-Etat-Communauté Politique (C), cet idéalisme ne l'a que dans "la situation de guerre ou de détresse" de l'Etat existant réel, cependant que sa situation "de paix" est précisément la guerre et la détresse de l'égoisme".
“Marx, écrira plus loin Mercier Josa, en appelle au droit véritable de l'Etat qui devrait - en ne laissant pas un égoïsme particulier "retrancher de l'arbre vert de la vie éthique" une classe qui est dans une situation de détresse..."

Le programme capitaliste libertarien américain conduisant également au PNAC, triomphe du développement économique autoritaire:
- dans le sillage des transnationales, des Etats politiques, des armées réhabilitées par une idéologie professionnaliste de "contrôle objectif" des relations "civil-militaire" optimalisées en Irak bien que mise au point par SP Huntington dans les années 60, "l'esprit militaire est : conservateur, realiste, pessimiste quant à la nature humaine", tout en exploitant le modèle Janowitz des militaires "policiers en uniforme" cherchant à forcer la ressemblance aux forces de police "which organize and apply violence in tightly controlled and limited circumstances and retain close links with the society they protect", théorie de sociologie militaire, selon les fiches de lecture du Council on Foreign Relations, datant également des années 60 et même opposée à celle d'Huntington...
- dans le sillage de la haute technologie de surveillance, des polices "militarisées selon les grilles de Janowitz", des prisons privatisées, de la criminalisation de la misère, ne serait-il pas, finalement, le corps de ce fameux projet de "corps culturel global" recherché comme le Graal par les think tanks néocons, un corps dissimulé sous une culture commerciale protéiforme et qui aurait pour mission de rendre “enfin” la vie aux classes moyennes : “une vie si vide d'humanité”, diront Kristol, Père & Fils, mais qui serait déjà en fait, au delà de l’inquiétude paternaliste des élites républicaines et démocrates, une vie irrémédiablement condamnée à n’être que celà : le support de l'économie de marché.

Dans ce cas, cela démytifierait les pensées stratégiques de Leo Strauss adressées aux capitaliste bipartisans, aux églises, au gouvernement américain, aux armées, aux services secrets, aux diplomates, à l’intelligentsia (philosophes, sociologues, économistes, juristes, politologues) et celles, non moins insistantes, de ses héritiers : Wolfowitz, Keyes, Quayle, Kristol, Père & Fils, Podhoretz, Bennet, Agresto, Shulsky...
Une force d’opposition résolument hostile à toute lutte sociale, à toute manifestation démocratique du communisme ouvrier considéré hier par Ronald Reagan et aujourd’hui par Irving Kristol comme un virus s'attaquant à la vie. Irving Kristol pourtant trotskyste de la IVème Internationale dans les années 40 ne jurant plus que par la destruction de l'invidualisme, du socialisme, de l'homosexualité et du féminisme, aux côtés, dans les années 60-70, de son ami gaulliste Raymond Aron, et aux côtés, dans les années 90, de Pïerre Lellouche, vice-président UMP de l'assemblée parlementaire de l'OTAN.

Communisme, syndicalisme ouvrier, marxisme, seront également considérés comme de la matière subversive assimilée, à ce niveau de la manipulation de l’information, au terrorisme international. Les toutes nouvelles familles d'intellectuels libertariens auront leur part du marché, à n'en pas douter. A commencer, parmi les nuées, par celle de "Room 101" (AFF) dont Tom Ivancie (président de l'America's Future Foundation), Jerry Brito, Kerry Jane Torrance, David Skinner, Timothy P. Carney sont les discrets représentants…amis de la Tax Foundation (fondée par Lewis H.Brown, président de Johns-Manville Corp. fondateur de l'Américan Enterprise Institute en 1943, rédacteur pour le général Lucius D.Clay d'un Plan de reconstruction de l'Allemagne en 1947, casseur intrépide du syndicalisme des mineurs de l'amiante au Canada dans les années 1949-1950), de l'Institute for Justice, de la Federalist Society for Law and Public Policy Studies, d'Americans for Tax Reform mais aussi de Cato Institute ( fondé en 1997 par E.H.Crane, vice-président libertarien d'Alliance Capital Management, père d'un programme de privatisation de la sécurité sociale; doté d'un budget de 14 millions de dollars), d’Héritage Foundation, de la Société Mont Pélerin (fondée par l'économiste néo-classique F. Hayek, animée par W. Lippman, von Mises, ennemis du collectivisme et inspirateurs de M. Thatcher, R.Reagan, de l'Ecole de Chicago, qui conduira les postes de responsabilités économiques dans les gouvernements liés aux juntes catholiques chiliennes et argentines), du National Endowment for Democracy (fondé en 1984 par R. Reagan, paravent de la CIA selon G.Geuens, encourageant les institutions démocratiques à travers des initiatives privées, la participation non gouvernementale dans des programmes de démocratisation, renforcant les processus électoraux à l'étranger en coopération avec les forces "indigènes" démocratiques), base idéologique morale et sociopolitique d'Export-Import Bank, Ford Motor, Noble Drilling Corp., Basic American, CBS, AT&T, Kock Industries, News Corporation, Chevron Texaco Corp. FedEx Corp. Exxon Mobil Corp, Microsoft Corp., R.J.Reynolds Tobacco Company, Time Warner Inc., Mitsubishi Motors America Inc., Toyota Motor Company, etc...


"He enjoys a full bourgeois existence with a wife and a house and at the last time he went to the doctor he received a clean bill of wealth..." (About David Skinner)


La démocratie américaine de G.W.Bush II (tout comme la démocratie israélienne de Sharon ou japonaise de Komizumi) paraîtrait donc reposer sur un très rationnel et très objectif programme autoritaire bipartisan de cohésion sociale dont le but consisterait en la maîtrise de l’expansion de l’économie de marché. Un processus violent de socialisaton qui nous fait également penser par sa “cohérence interne” à ce que l’ethnopsychiatre Françoise Sironi appelle un “processus initiatique unissant le bourreau au supplicié tout en ne conduisant à aucune initation, à aucune transformation, à aucune appartenance ou affiliation”.
Robinson Rojas dira que ces classes subordonnées, y compris la classe moyenne, demeureront, dans le contexte de fracture de la structure sociale latino-américaine, sans réelles représentations politiques ou que les partis liés à ces classes ne représenteront pas les intérêts de leurs classes respectives en tant qu’un tout.

Ce ne sont, en effet, malgré les idées reçues, ni le parti socialiste ni le parti communiste (bien que nous soutenions, ici, les efforts d’ouverture du Parti Communiste Japonais) qui représentent authentiquement les classes subordonnées au Japon (les résultats électoraux de la gauche le démontreront) mais davantage un savant tissage de relations sociales propre à chaque secteur de production où la notion de représentation politique n’interfère que collatéralement. Bien que ce tissage conduise à une orientation politique que les leaders politiques affirment représenter, et qu’il y ait consensus au moment des élections, nous ne croyons pas que ce tissage de relations sociales soit réellement interprétable en terme d’idéologie politique ou de représentation.

Fondamentalement, les classes moyennes japonaises "condamnées à supporter le mode de production capitaliste intensif" et à nourrir sans conscience politique véritable la démocratie bourgeoise en tant que système de gouvernement, ne bénéficient pas d’une authentique identité culturelle, les élites supposent un “ mécontentement des classes moyennes, un besoin urgent de réforme des institutions, du système législatif, judiciaire, de la représentation politique”...Ces sondages masquent en fait un réajustement stratégique des institutions aux besoins du marché intérieur et du marché unique asiatique. Le nombre des suicides, 30 000 par an, enfonce le clou.

La démocratie bourgeoise japonaise a grandi vite mais a vieilli encore plus vite grâce à l'économie de marché. Un fait est toutefois certain, la population évolue dans un univers violent, mortifère et imposteur tout en faisant corps, aveuglément, à cet univers : mauvais choix d’orientation, manipulation de l’information, de l’histoire, du patriotisme, du nationalisme, des textes législatifs et constitutionnels, des institutions, militarisation du régime, criminalisation de la vie syndicale, délinquance généralisée de l’activité économique et des partis". Pourrait-il en être autrement ?
Cela dit une fraction du pays tend vers un "rétablissement bourgeois traditionaliste”, vers ce que Takeshi Yasuda appelle entre 1974 et 1984 (et qui demeure d'actualité en 2004) : "un retour à la culture des formes pré-établies : kata", ou retour des valeurs sociales traditionnelles et initiation par la répétition des formes pré-établies au secret de la dô: “vérité”, voie montrée par les ancêtres et pour certains par l’empereur et la religion (bouddhisme, confucianisme et shintoisme) et qui s’exprime déjà (du côté de la droite et de l'extrême droite militariste et nationaliste) par la nostalgie des lois et des institutions inflexibles, ou encore, vers ce que le juriste et sociologue du droit conservateur Ichiro Kitamura appelle en 1989 dans "une esquisse psychanalytique de l'homme juridique au Japon" : "la fascisation des bons citoyens”, forcément des classes moyennes et préparant, sans surprise, un certain “caudillisme”.
Bien que des centaines de mouvements associatifs alternatifs (dix à quinze millions de personnes) se refusent à toute forme de représentation politique, à tout modèle économique, à tout compromis, il semble que le Japon ait pris cette direction.

Une forme d'intégrisme religieux et politique, en somme, que Solange Mercier-Josa approchera sur un autre terrain, celui de la manifestation de "l'intégrisme musulman", en émettant l'hypothèse causale d'une connexion entre l'éradication de la solidarité prolétarienne et le repli des individus (sans doute manipulés par les couches dominantes) sur l'appartenance à l'ethnie comme source d'identification.
" En ce qui concerne l'intégrisme, et en particulier l'intégrisme musulman, celui-ci s'expliquerait, dira la philosophe, comme une réaction sans doute réactionnaire à la négation des rapports familiaux antérieurs par le développement de la société civile bourgeoise, comme une protestation pratique contre l'effet d'acculturation provoqué par la mondialisation du marché et la dissolution de la communauté organique par l'introduction de l'individualisme concurrentiel lié aux échanges marchands et au mode de production capitaliste".


"…L’effraction psychique sur un supplicié dans un contexte de torture…”


Il nous paraîtra intéressant, ici, de faire une comparaison entre le processus de fabrication délibérée de l’ “effraction psychique sur un supplicié dans un contexte de torture” (le monde clos par excellence mais aussi et paradoxalement de communication) tel qu’expertisé par Françoise Sironi (qui parvient à aider suppliciés et bourreaux) et le processus de fabrication de l’“empreinte” laissée, ici, non sur une personne dans le microcontexte clos de la torture mais sur une catégorie de population “fabriquée de toute pièce pour un travail à caractère obligatoire dans un contexte économique fermé" là où il y a contrôle de l'individu de la naissance à la retraite (villes usines)-et parfois “forcé et impayé” pour une partie "fragilisée" de la population ouvrière japonaise d’Osaka, d’Aichi, de Tokyo, mais aussi de Corée du Sud-Posco, d'Inde-Tataland, de Chine-Wal Mart, du Pakistan (enfants) et pour une fraction marginalisée de population sans qualification des pays les plus pauvres...

Une empreinte traumatique conduisant à une phase de déculturation que ne sauraient éviter (en la craignant), a-priori, les pays riches sous l’influence d’“initiateurs inflexibles et déterminés" (les classes dominantes) qui occuperaient la position symbolique du “bourreau” ayant rompu tout lien d’empathie (et il n’y a vraiment aucune raison d’en douter) avec les communautés humaines : “aboutissement, au final, dira Françoise Sironi, d’un processus de désaffiliation avec le monde commun et d’affiliation à un monde résolument à part” (le pouvoir de transmission ou initiateur restant définitivement entre les mains des initiants cooptés- le bourreau utilise un principe initiatique, le supplicié ne débouchant sur aucune piste, voie, transformation).

“L'économie se militarise”, écrira l’écrivain japonais Kenzaburo Oé, une économie fermée, close, qui retiendrait les fuyards et qui transformerait les opposants en les convertissant, par le processus réservé aux suppliciés, en soldats (le soldat aura droit de tuer, de remplir des missions spéciales y compris contre ses anciens amis, signe d'appartenance à un groupe d'élite). La vie syndicale ouvrière japonaise jusqu'à son récent et spectaculaire redressement (Doro-Chiba), en sera un vivant exemple.
“Une économie de temps de guerre”, dira-t’on précisément chez les cheminots, les pêcheurs, les paysans, les ouvriers portuaires japonais, dirigée par des êtres pragmatiques experts dans l’art de stimuler l’“appétit de développement”, de favoriser “l’homme nouveau” des classes dominantes, de profiter des faiblesses de la structure sociale ou des systèmes de production non compétitifs, base du discours politique sur le “progrès” et, paradoxalement, indispensable à la production de dispostifs de pénalisation extrême de la misère et des oppositions.


"…des dispositifs de guerre, pensés et rigoureux…”


Des dispositifs de guerre, pensés et rigoureux, dira Françoise Sironi, desquels procèderont (de Kaboul à Bagdad à Guantanamo) de très méthodiques centres de détention, de torture et d’exécution : “conçus (à l’image des intentions du tortionnaire sur le corps du supplicié) pour laisser des traces, pour faire effraction en l’autre, pour agir sur la pensée de l’autre, sur les contenants de la pensée...”.
“(Le tortionnaire) ne faisant effraction en soi, dira encore Françoise Sironi, que lorsque soi n’est plus en mesure de penser l’intentionalité qui sous-tend son acte…”

A l’heure de l’instrusion des multinationales dans la vie privée, de la phénoménale pression exercée sur la psychologie des masses et les programmes scolaires, à l’heure de la globalisation forcée des informations, des images et des technologies, “l’homme” serait-il toujours en mesure de penser l’intentionalité qui sous-tend les actes de ses agresseurs, maîtres “du jeu à somme nulle (je gagne , tu perds)”, écrira le nobel chaoticien Ilya Prigogine, du capitalisme industriel ?…

Quoiqu’il en soit de la nébuleuse de la souffrance, de ses relais militaires, policiers, judiciaires, politiques, civils, économiques, quoiqu’il en soit des très complexes dispositifs de guerre relevant bien de la pensée (et non du sadisme dira Sironi et c’est la raison de notre insistant propos), et bien que “socialisés”et parfaitement dissimulés dans le processus du développement économique autoritaire, jamais le processus de fabrication de l’oppression n’aura été aussi fortement identifié, étudié, condamné et combattu, que ces vingt dernières années, précisément, par les oppositions libres civiles et politiques mondiales.

L’opinion désormais critique, n’ignore rien des dispostifs de pénalisation extrême que sont : Abou Ghraib ‘Camp Ganci, Camp Vigilant’, Camp Bucca, Talil Airforce Base ‘Whitford Camp’, Al-Rusafa, Al-Kadhimiyya, Al-Karkh, Al-Diwaniyya, Tikrit detention facility, Mosul detention facility en Irak, Guantanamo ‘Camp Delta’ à Cuba, Al-Khiyam detention center (sud Liban sous contrôle israélien), Kishom, Ashkelon, Ayalon, Megiddo, Facility 1391, Al-Ansar3, en IsraelChateauneuf, Bouzaréah, Beni-Messous, El Harrach, Mers El-Kebir, Ben Aknoun, Relizane, Colonna Sig, Dar Al-Beida sur 95 centres de détention, de torture et d’exécution recensés par le Tribunal Permanent des Peuples et Algéria-Watch en Algérie.

Toutefois les centres cachés, les prisons de haute sécurité et les prisons ordinaires opposées aux traitements humains des détenus sont sans nombre, il convient de ne cesser d’en dénoncer le processus, intellectuel et juridique, de formation, unité par unité, au Maroc, en Tunisie, au Libéria, au Rwanda, au Burundi, au Congo, au Chili, en Argentine, en Uruguay, en Colombie, en Afghanistan, aux Philippines, en Chine, au Japon, aux Etats-Unis, etc…
“On ne nait pas tortionnaire, dira Françoise Sironi au Collège de France lors d’un enseignement mémorable traitant de la fabrication des bourreaux et des mécanismes de destruction de l’autre, on le devient par construction délibérée”(janvier 2001).



4/4 - Ce processus d’expansion globale de l’autoritarisme liant le bourreau des classes dominantes aux suppliciés politiques comme aux suppliciés économiques : “machines à travailler sans droit ou avec droits restreints”, expliquera sans doute pourquoi l’on parlera tant de corruption, de détournement des lois anti-trusts, de viols d’embargos imposés aux dictatures, aux régimes d’apartheid, pourquoi l’on parlera tant de “sociétés criminelles”, de “justice aveugle”, de “procès truqués”, comme du reste l’on parlera de “procès partial”, et ce sera l’objet de notre dernière digression, lors du jugement du “criminel contre l’humanité” sud-africain Wouter Basson...


"Project Coast"

Rappelons brièvement cette histoire, un inconcevable projet scientifique militaire (Project Coast) conçu dans le dos des traités de non prolifération d'armes de destructions massives dans le plus pur style des affaires criminelles des démocraties bourgeoises modernes, entre 1984 (l’affaire débutera en fait en 1981 mais nous retiendrons cette date -1984- car elle scelle la collaboration effective de l’administration reaganienne : Maison Blanche, secrétariat d’Etat, ministère de la défense, CDC (Centers for Disease Control) : services spéciaux de contrôle des maladies infectieuses, d’avec le régime d’apartheid du président sud-africain P.W.Botha) et 1998 (cette année marque le début du procès de Basson - Nelson Mandela s’attaquera en fait à Project Coast dès 1995/1996- et le début des accusations publiques portées contre les banques privées mondiales UBS AG, Crédit Suisse, Citigroup par les avocats Ed Flagan, Paul Ngobeni, et plus tard par Michael Hausfeld, pour “crimes de collaboration économique avec le régime d'apartheid”).

Le Ltc. Wouter Basson, directeur du Project Coast, entraînera dans son ombre, mais pas dans sa chute (qui ne sera qu’apparente), plusieurs chefs d'Etat et ministres africains, des chefs d'états majors, le big business pragmatique de la biochimie expérimentale civile et militaire et, à différents niveaux de complicité, des démocraties comme Israel, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, la Suisse, l'Irak, l'Iran, la Libye (Jersey, Luxembourg, les Iles Caïmans), pour l'extermination, pas moins, du communisme noir et des populations noires en Afrique du Sud, au Lesotho, au Mozambique, en Namibie, en Angola... Mais aussi, selon Sunday Times, Times, le rapport “South African Chemical Warfare” de 1997 du Netherlands Institute for Southern Africa (NIZA), le rapport BMA Biotechnology, Weapons and Humanity II de 1999 de la British Medical Association, pour l’extermination des opposants politiques socialistes ou religieux arabes et bien entendu des principaux leaders palestiniens par les forces spéciales israéliennes (projets d'armes ethniques et génétiques).

Project Coast (du South African Defense Force Chemical and Biological Warfare Programme) consistera en la mise au point d'armes biochimiques expérimentales ethniquement sélectives à usage civil et militaire (cyanure, butolinum, thallium, paroxon, sida, choléra, anthrax, salmonella, staphylocoques, ébola, marburg, rift...) que le Roodeplaat Research Laboratory de Pretoria (société écran des forces civiles spéciales sud-africaines pour la lutte contre les opposants politiques de l'ANC) expérimentera sur près d'un millier de sujets noirs aujourd'hui "portés disparus".
Basson, selon Victoria Brittain, qui inoculera du poison à des centaines de détenus dont Nelson Mandela (Commission Verité et Reconciliation dirigée par Desmond Tutu) et qui sera accusé selon les sources de 42, 61, 85 délits (trafics de drogue, fraudes, espionnage, corruption, abus de bien sociaux, assassinats) sera acquitté en 2002 par la Haute Cour de Justice de Prétoria par le juge Willie Hartzenberg, frère du leader de la droite raciale nationaliste -conservative party- Ferdi Hartzenberg. La demande de révison du procès demandée par l'Etat sud-africain sera rejetée par la Cour d'Appel de Bloemfontein en 2003...
Basson serait aujourd'hui cardiologue à l'hopital académique de Prétoria et aurait demandé sa réintégration au sein du corps médical militaire actif avec le grade de général ou de chef d'état major.


"Upholding liberty in America, globalization has been good for the world's poor"
(William Niskanen, économiste reaganien, Ed Crane, président de Cato Institute)



La presse socialiste et marxiste sud-africaine, les ong humanitaires de lutte contre le sida, les bulletins de presse électroniques progressistes africains, les enquêtes indépendantes menées par exemple par Chandré Gould, Marlene Berger, observateurs du procès Basson pour le Center for Conflic Resolution de l'université de Cap Town et le Sunday Independent en 2000/2001, ou par Tristan Mendès France, JP Prevot, F.Castro, dont le reportage “docteur la mort” sera diffusé sur FR3 (France) à une heure de faible écoute en 2001, parviendront à établir la vérité sur Project Coast. Mais le lobbying d’extrême droite afrikaner, la corruption du pouvoir d’Etat, la perforation de l’economie nationale par les groupes étrangers et les intérêts privés illicites sud-africains ne seront toutefois pas, fondamentalement, destabilisés ou remis en question : Magnus Malan, Constand Viljoen, Niel Knobel, Joep Joubert, Dick Marais… les acteurs historiques de Project Coast, de l’apartheid et les réseaux d’affaires civils et militaires conspirationnistes transnationaux, sont toujours vivaces. Il n’y a pas lieu d’en douter…

Le réquisitoire de Tristan Mendès France révèlera, par extension, l’usage d’armes biochimiques (sels de thallium, LSD, toxines diverses, gaz tribun, tuberculose) par des responsables de la CIA tels que Trecey Barnes ou Richard Bissel pour des assassinats de leaders politiques dans les années 60, en particulier pour celui de Fidel Castro…
Un dossier ouvert par Arthur Allen révèlera une filière possible CIA-biotech business-SADF en Californie du sud, Orange County, Irvine. Une piste qui dévoilera que Project Coast, Basson, Niel Knobel, chirurgien-général de la SADF durant l’apartheid (ami de Magnus Malan, ex-ministre de la défense de l’apartheid, Constand Viljoen, ex-officier de la SADF, Dick Marais, coordinateur de la SADF ou de Joep Joubert, ex-commandant des forces spéciales de la SADF) disposaient dès 1980 de nombreuses complicités aux Etats-Unis: James Patrick Riley président de Biofem Inc. (biopharmacie), Larry C.Ford, “agent ” de la CIA , consultant de la SADF, gynécologue-chercheur, mormon, et “inventeur de brevets” Biofem Inc. (mort par suicide après avoir tenté d’assassiner son associé J.P.Riley).

Larry C.Ford sera également le père d’un “vaccin expérimental” contre le SIDA, d’un programme spécial de protection des forces armées sud-africaines contre le SIDA sous l’autorité de Niel Knobel, et d’un programme de microbicides vaginaux industriels “Inner Confidence Vaginal Security” dont certaines applications relèveraient (dans l'ombre de Niel Knobel) d’une idéologie raciale de contrôle des naissances en Afrique du Sud, en Namibie, en Angola, au Mozambique…
Des microbicides “instables” expérimentés dans tous les cas, comme les éléments Biofem anti-sida, sur près de 900 prostituées en Afrique du Sud et en Thaïlande…
L.C.Ford sera “potentiellement parachuté” par les forces spéciales de la CIA en Afrique du Sud pour réaliser des prélèvements sanguins sur les corps des combattants communistes tués afin d’analyser les anticorps russes aux agents biochimiques sud-africains…
L’affaire “Wouter Basson-Larry C. Ford” sera suivie par le FBI et expertisée par les chercheurs civils S.F.Burgess, H.E.Purkitt pour le compte de l’UASF Counterproliferation Center. Nous diffuserons un court extrait de leur rapport d’enquête un peu plus loin.

Alexender Cockburn dénoncera également dans les colonnes du Los Angeles Times et sous le titre "Governement's Dirty Little Secrets" (juin 1998) l’expérimention dans les années 50 de produits militaires biochimiques similaires sur des cobayes humains noirs, militaires et civils américains, par des militaires américains :
"US Military researchers of biochemical warfare in the 1950s conducted race-specific experimentation. In 1980, the US Army admitted that Norfolk Naval Supply Center was contamined with infectious bacteria in 1951 to test the Navy's vulnerability to biological warfare attack. The Army disclosed that one of the bacteria types was chosen because blacks were known to be more susceptible to it than whites. One of the investigators for the truth commission, Zhensile Kholsan, has been reported as saying that there is a strong suggestion that "drugs were fed into communitees that were political centers, to cause socioeconomic chaos". Black communitees in the U.S. have expressed suspicions, particulary about the arrival of crack cocaine in South-Central Los Angeles in the early 1980s, allegedly imported by CIA-sponsored Nicaraguans raising for arms.
"In March, CIA Inspector General Frederick Hitz finally conceded to a US congressional committee that the agency has worked with drug traffickers and had obtained a waiver from the Justice Department in 1982 (the beginning of the Contra funding crisis) allowing it not to report drug trafficking by agency contractors. Was the lethal arsenal deployed at Roodeplaat (Pretoria) assembled with the advice from the CIA and other US agencies ? There were certainly close contact over years. It was a CIA tip that led the South African secret police to arrest Nelson Mandela..."

La CIA, les services spéciaux des armées, la recherche militaire, le secrétariat d’Etat, la Maison Blanche (tout comme le gouvernement israélien et la recherche militaire israélienne), nieront pour leur part avoir jamais utilisé des armes chimiques ou biologiques infectieuses contre des opposants ou des groupes politiques et nieront plus encore avoir collaboré à des programmes sud-africains de recherche militaire ou civile NBC.
Cela dit, un rapport intitulé : “The Rollback of South Africa’s Chemical and Biological Warfare Program” rédigé en avril 2001 et diffusé auprès de l’USAF Counterproliferation Center, l’Air University et la Maxwell Air Force Base, Alabama, par les docteurs Stephen Burgess, enseignant à l’US Air War College et Helen Purkitt, enseignant à l’US Naval Academy, affirmera le contraire, sans aucune équivoque :

” International Links Established During Project Coast

"From 1981 onwards, Basson and Project Coast scientists intensified their international contacts, particularly at conferences on CBW. South African delegations made visits to the U.S., Britain, Taiwan, Israel, and Germany. Basson attended a conference on biological warfare (BW) in San Antonio in 1981. From 1981 to 1986, the Reagan administration followed a policy of "constructive engagement." Reagan administration officials sent signals to the Botha regime that the U.S. was willing to turn a blind eye to American industries and scientists as the South Africans built up their defense industries. Under-Secretary of State William Clark went one step further and welcomed South African defense officials and experts to Washington and facilitated their interaction with U.S. counterparts. The attitude of Clark and others enabled South Africa to gain access to U.S. scientists. At the same time, Basson's trip to San Antonio reportedly attracted the attention of American intelligence, and he was barred entry to the U.S. for scientific purposes.

“In 1984, the U.S. Centers for Disease Control (CDC) sent eight shipments of the Ebola, Marburg, and Rift Valley viruses to South Africa. The CDC was concerned with outbreaks of Ebola and other viruses and sought South Africa's assistance in preventing their spread. While CDC motives were benign, suddenly, South Africa prossessed viruses that could be used with devastating effect in surrounding countries. Details of the extent and importance of South Africa cooperation with Israel in CBW research have not been disclosed. The two countries started working together on covert research related to nuclear weapons after World War II. These links developed into a mature working relationship by the 1970s. Bilateral cooperation between the two states proved especially fruitful in developing nuclear weapons and testing a number of increasingly sophisticated missiles. Israel and South Africa also cooperated closely in the production of the G-5 artillery gun to fight a conventional war. This line of research that cost millions of rand also explored the feasibility of using NBC warheads for the G-5, and later the G-6 gun. The Israelis also helped South Africa with armored cars and tanks and the Cheetah (a Mirage offshoot). Given the breadth and depth of cooperation, it is quite possible that Israel and South Africa cooperated on CBW efforts. It is significant that Basson went to Israel several times during the 1980s.”

Les services secrets Suisse nieront, sans y parvenir vraiment, avoir eu des relations d'intérêts avec Basson ou même avoir travaillé sur des produits biochimiques pouvant servir d'armes. La DGSE française, fidèle à elle même et au ministère des affaires étrangères (ce dernier s’interessant toutefois de près à l’affaire Basson via son ambassade en Afrique du Sud) ou aux différentes cellules élyséennes, ne saura que ce que savent les autres, rien; il n'est pas du ressort des services secrets de couvrir les ventes NBC ou de développer des liens avec des programmes militaires de recherche non officiels ou clandestins. Le Mossad israélien n'aura rien vu, rien entendu, bien qu'Israel doive ses premiers pas dans le nucléaire industriel civil et militaire à la France, au CBW sud-africain et soit le premier producteur d'armes NBC au Moyen-Orient. Saddham Hussein et Kadhafi nieront avoir hébergé Basson et avoir utilisé, tout le monde le sait, des armes biochimiques de destruction massive.
Le MI6 britannique ne cherchera pas à dissimuler la présence régulière de Basson sur le territoire national. Basson “immensément riche” selon le juge Hartzenberg, qui dirigera tout le long de Project Coast et pour son seul compte un pool de 45 compagnies, aura en effet acheté un cottage mitoyen de Windsor Castle, la résidence dominicale préférée de la Reine Elysabeth. Une acquisition pour laquelle Basson aura dû subir un interrogatoire, non sans succès.

Stephen Burgess et Helen Purkitt qui affirmeront que les informations détenues par la CIA et le MI6 sur l’affaire Basson étaient largement diffusées aux seins des administrations Bush et Tatcher/Major, établiront un jeu de 24 questions à la fin de leur rapport. Nous en retiendrons deux :”
Question 4 – Can a foreign government legally purchase similar chemicals and poisons today in the U.S., Canada, Europe, or elsewhere in the world ?
Question 5 – What specific coordination/cooperation was there between the former SADF military CBW programs during 1960s, 1970s, 1980s and 1990s with foreign governments including U.S., U.K., France, Germany, and Israel ?”


" The CIA, and in particular its clandestine service, exists to penetrate enemies and collect their secrets. The CIA never penetrated Saddam Hussein's inner circle or the senior levels of al-Qaeda"...( William Kristol , propos de la nomination de Porter Goss la direction de la CIA, The Weekly Standard)


Très inquiétant, le développement autoritaire de l'économie mondiale repose non seulement sur une “philosophie politique” pratique de désaffiliation des classes dominantes d’avec les intérêts vitaux du monde commun mais également sur un jeu de batteries interchangeables d’intérêts contradictoires mû par les “Etats politiques voyous” (rogues states), les think tanks, les sociétés transnationales, les gangs mafieux, les églises, les armées, les polices, les ong, les agents spéciaux... jeunes, érudits, patriotes, dressés pour infiltrer, rapporter, dénoncer et que l'opinion ne connaîtra jamais, pas plus qu'elle ne connaitra Alan Keyes, l'étrange ami de l'apartheid et des contras, pas plus qu'elle ne connaîtra le monde clos et ambigu de Stephen Bryen, de Michael Novak, de Lynne Cheney, de Robert Bork, de Richard Perle, de Michael Chertoff, juge fédéral (Federalist Society, AEI, Wolfsberg Group), ex-directeur de la Division Criminelle du Département de la Justice depuis le 9.11 et nouveau secrétaire du Homeland Security (2005), ou celui d'Irving Kristol, dans lequel il est affirmé que le peuple doive vivre, soumis et reconnaissant, pour progresser sainement.

Un univers commercial militariste résolument clos, tout aussi bien conçu pour la domination d'une “église/non-église” (les vieilles théories multiconfessionnelles du pouvoir politique de la parole et du comportement conduisant à un mode de gouvernement ou de cohésion sociale très largement exploité, de l’intérieur et de l’extérieur, pour la consolidation de l’économie de marché) que pour la domination d'un “Etat/non-Etat” (le CFR, le banquier Paul Warburg, parleront de la domination d'un gouvernement mondial avec ou sans le consentement commun "d'une façon ou d'une autre"; le socialiste pascalien Jacques Attali, ex-conseiller du président Mitterrand, tiendra aujourd'hui le même discours) construit sur la base du business international et des enseignements bipartisans, athées, sur l'immutabilité de la morale et des valeurs sociales de Léo Strauss (1899-1973).

"(La morale), une force indispensable, dira Irving Kristol, (…) la séparation de l'église et de l'Etat ayant été la plus grosse erreur des Pères Fondateurs de notre république (…). La morale, support durable de l'expansion du libéralisme et, par le fait, du développement dans le monde, une force de combat des dissidences intérieures et des menaces extérieures...".

Le monde clos du mensonge politique et du renseignement falsifié straussien sera également une école de la "morale négative", stratégique, "la tromperie machiavelienne, en politique et en diplomatie, est indispensable", ou bien, ce qui revient au même, une école de l"immoralité ésotérique", une “irréprochable mais inaccessible immoralité publique” que l'on croyait, jusque là, l'apanage des seules théocraties orientales, monde clos et autoritaire par excellence, ennemi déclaré de la raison, du sens commun, de l'homme et de la liberté.

Irving Kristol, mentor loué par Bush, Shamir, Reagan, Simon, secrétaire au Trésor de Nixon, Ford, Carter, et même par Kissinger..., aboutira à la fin de sa vie au concept théorique cadre de "loyauté populaire -des classes moyennes- envers le capitalisme bourgeois dans la reconnaissance croissante de ses racines judéo-chrétiennes" (in "Capitalist Future") tandis que le très scolaire "Time" P. Carney, rendu au seuil d’une vie de lobbyiste professionnel, établira un lien d’évidence entre le moralisme libertarien justicier de l’America's Future Foundation et le parvis de Notre-Dame à Paris (France).
Dans un élan de reconnaissance envers les contre-révolutionaires français (ceux qui auront défendu Notre-Dame contre les assauts de la raison durant deux siècles et qui militeront depuis 1945 pour la réunification de l'église et de l'Etat en France et en Europe) "Time" P. Carney écrira dans les colonnes du magazine patriotique Doublethink (AFF) de David Skinner (rédacteur en chef de Doublethink et assistant manager de The Weekly Standard) :" they (the leftists, the Un-Patriot-ic Left) need to stop sending their lawyers and judges to our towns and forcing us to have homosexual scoutmasters and banning us from praying".


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Article diffusé sur Indymédia, Altermonde, Archives de Robinson Rojas.

[ Le monde clos de la globalisation, le développement économique autoritaire et l'avantage humain de la révolution social Part.1 ]

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