CHAPITRE 1 (1-10)



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CHAPITRE 1 [1-10] : [11-13]

Les théories politiques du pouvoir de la parole et du comportement et les infractions au devoir de probité (une critique des dérives totalitaires bouddhistes)

Totalitarisme et "national-communautarisme" de la voie de l'essence-doctrine de la vacuité, propriété, possession sans droit et interdits religieux,
l'enjeu politique, économique, social et religieux, du choix libre et éclairé des liens. Nous rappelons aux lecteurs que l'auteur n'est plus bouddhiste depuis quelques années déjà...
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"Vous voulez laisser un monde vivable derrière vous ? Alors, entrez en résistance, passez vos nuits à essayer de comprendre et vos journées à organiser la lutte dans des réseaux planétaires où se construira la loi internationale du futur (...) A tout moment de son histoire, l'être humain bride l'angoisse de son mieux. Tournant ses regards en arrière, il se persuade que le pire est derrière lui et l'avenir éclairé par les leçons tirées des expériences les plus négatives du passé. L'abolition de l'esclavage, cette forme abjecte d'exploitation d'un homme par d'autres, est là pour convaincre ceux dont l'optimisme vacillerait. Le XIXème siècle a été jalonné, il est vrai, par les abolitions et celles-ci sont confirmées aujourd'hui par une condamnation générale exprimée avec la force des conventions internationales et relayée par les droits internes. Mais pour ancrer son optimisme sur ces données, il faut se satisfaire du formalisme juridique. Ce n'est pas le point de vue adopté ici car cela reviendrait à être indifférent à la substance du droit, au respect des règles au-delà de leur édiction et aux aspects autres que juridiques des relations entre les humains. Non qu'il faille sous-estimer le triomphe de la liberté remporté à travers chaque abolition. Mais il serait imprudent de savourer cette victoire sans avoir traquer, dans tous les replis du droit et dans les relations sociales qu'il induit et légitime, les ruses par lesquelles se construisent autrement des formes équivalentes de privation de liberté et de rupture d'égalité (...)" (Monique Chemillier-Gendreau, Biblio. 38)

Le "bouddhisme laïc" japonais des "sans nom" hors norme - incluant aujourd'hui par extension le shintoisme et les voies "dô" - ne relevant pas des corbeilles (hinayana, mahayana, vajrayana,... le nombre des voies ne relève pas d'un consensus institutionnel global mais est essentiellement affaire de personnes, de régions et diffère, bien entendu, selon les pays : Japon, Inde, Chine, Corée, etc...) devrait se distinguer des voies académiques classiques altérées et corrompues. En fait il n'en est rien. Il se caractérise plutôt par une forme de dépendance au politique et à l'économique dont les deux moyens sont paradoxalement le "renoncement à la vie" - prolongement dominioniste dur (intégral) des institutions, des lois, des droits - et les activités privées, résolument affairistes, scientifiques, commerciales et familiales.
Cette forme civilisée, politisée, socialisée du bouddhisme amalgamée au shintoisme impérialiste et aux voies guerrières pour la recherche de la vérité "dô" et aujourd'hui à la co-existence scientifique, au développement durable, à l'éco-philosophie, tire son origine des voies de sagesse anciennes dégagées par des individualités fortes, indépendantes des grands courants communautaires ou politiques qui auront eut affaire, malgré tout, au bouddhisme institutionnel et dont les noms, post mortem, seront mélés aux intérêts des Etats, des grandes familles et des sciences.
L'histoire politique et scientifique "dô-shinto-bouddhique" est rendue loin devant ses "saints" pauvres et illettrés des XVII et XVIIIème siècles, de la réalité populaire "incompétante" rurale et urbaine... Que sont devenus, en effet, au XXIème siècle, siècle noir, siècle de destruction des populations pauvres, Kihee le vendeur de bêtes, Kuhee le paysan, Jiroemon le bûcheron, Seikuro l'idiot-mendiant d'Hokotate, Rokubei d'Ueno, Kotoura la prostituée de Nagasaki... ("Gosei's Myokomin Stories", Hisao Inagaki).
La sagesse dô shinto-bouddhique des "sans nom" consubstantielle au principe philosophique universel de "coexistence harmonieuse" ("harmonious coexistence (Kyosei)") est bien devenue avec l'expansion du capitalisme industriel et financier - tout comme le principe de "coexistence harmonieuse" -, tournant le dos aux marges, un mode alternatif de domination dans les affaires, d'exploitation des institutions, un support régional de discrimination des plus faibles, des aliénés et des démunis... (Extrait de "Propos décroissants sur les obligations de comportement servile au Japon, l'hypocrisie de la "coexistence scientifique", de "l'éthique environnementale" et de "l'eco-philosophie", C. Pose, 24/11/08)



1

Les inégalités politico-socioreligieuses bouddhistes (nous les évoquerons tout le long de cet essai) sont en général en appui sur de nombreuses doctrines.
L'une des plus célèbres, la "pensée unique" (doctrine du vide), se révèlera, après de multiples réécritures (traductions / interprétations), le support modèle des hiérarchies religieuses totalitaires en Asie (aujourd'hui en Occident) et à ce titre, un moyen sociopolitique particulièrement injuste et violent pour les personnes pauvres (croyantes et non croyantes).


La "pensée unique" (doctrine du vide, c'est également valable pour le monthéisme), selon la traditionnelle lecture des familles monastiques-Etat, ne s'oppose pas en tant que révélation de la nature de l'esprit (ou même du vivant), et l'on comprendra aisément pourquoi, au hiérarchisme matriciel et à ses correspondances sociologiques.
"La nature de l'esprit ou du vivant étant vide et invariable", le fond social de ce monde (passé, présent, futur) sera ce que les mérites à la naissance seront. L'organisation sociale est auto-constituée par le seul fait des naissances (y compris au Vatican).
"La tradition conservatrice bouddhiste stipule que l'on ne s'oppose pas à ce qui est naturel".
Dépendantes des hiérarchies matricielles (naturelles et cosmogoniques, divines par les dieux et les rois) les inégalités graduées bouddhistes sont toujours considérées par les pratiquants traditionnalistes comme autant de modèles imperfectibles d'organisation sociale et ce dans la plus part des pays du maha-vajrayana.
Les hiérarchies matricielles, en tant que supports objétisés de la voie de l'essence, ont remodelé les normes religieuses et juridiques hindouistes codifiées selon une nouvelle loi causale. Cette très ancienne forme d'apartheid consiste, en fait, en toutes les formes de discrimination éthnique, familiale, sexuelle, patrimoniale.
La dette karmique hindouiste et bouddhiste (dette religieuse économique, alimentaire et sanitaire) est renouvelée à chaque naissance et entretient l'insolvabilité des sujets les plus pauvres.
Cette précarité se traduit par une absence totale de droits religieux authentiques ou de droits humains fondamentaux pour les plus démunis.
L'absence de droits et de libertés (droit religieux, droit religieux au travail, droit religieux alimentaire et sanitaire, liberté religieuse de circulation, d'association, de pensée et d'expression) scelle la mise en dépendance physique et psychique des sujets d'avec les maîtres et les ordres, ou leur exclusion des groupes humains pour insolvabilité .

2

L'ancien modèle hindouiste relève d'une doctrine du vide mais il s'oppose à celle de Sakyamuni ou Gautama, par la loi causale.

L'histoire religieuse comparée des communautés bouddhistes ayant adopté la doctrine du vide, de la vacuité ou de la Pensée/Conscience Unique (communautés d'Inde, du Tibet, de Chine, de Corée, du Japon, de Mandchourie, de Mongolie, de Malaisie / Singapour, du Viêt-nam, de Taïwan, communautés Européennes et Américaines, etc...), montre que sans un engagement social parmi les plus démunis garantissant des droits bouddhistes/religieux durables et authentiques :
1- droit bouddhiste des personnes pauvres,
2- droit bouddhiste à la vie,
3- droit bouddhiste à la radicalité religieuse,
4- droit bouddhiste à la protection des minorités, des sans papier, des sans famille, des errants,
5- droit bouddhiste à la gratuité des enseignements,
6- droit bouddhiste de changer de communauté et de doctrine, ou de cessation, seront préservées les inégalités religieuses graduées.

Insensiblement, le synchronisme alchimique liant les guerres, la propitiation, les hiérarchies religieuses, les doctrines métaphysiques et l'économie politique des pays, restaurera un modèle panthéiste pourtant combattu par les bouddhistes éloignés du système religieux/juridique dominant.
Ce travail critique aura été, un temps, élaboré par quelques pédagogues bouddhistes du zen, du jodo, du hokkeshû ou du shinshû (de bien d'autres) en Chine et au Japon (où le religieux est rarement séparé pour les adeptes les plus sensés du militantisme social et judiciaire à la base). Dans ce courant "hérétique alternatif" liant réforme et transparence judiciaire (du fait de la haute criminalité bouddhique), s'afficheront sans pudeur dans le courant des XIXème, XXème, XXI┐me siècles les bodhisattva communistes, marxistes-léninistes, syndicalistes révoltés ou socialistes ou même muliconfessionnalistes - le vide menant à tout.
Cela dit, ils demeureront extrêment peu nombreux, moins nombreux, en tout cas, que les militants socialo-communistes, les syndicalistes, les ouvriers, les travailleurs sociaux, les activistes, les altermondialistes, les chercheurs et les artistes réellement engagés dans la lutte contre le capitalisme!
Les pratiquants bouddhistes hérétiques, hier, de la Terre Pure, jodo (ceux du jugement, du choix éclairé, du libre examen ou de l'adhésion critique liée à la transparence judiciaire) tant en Chine, en Inde qu'au Japon, et ce depuis des siècles, agissaient à l'imitation d'un maître de "réforme"; citons un support exemplaire Hôzo bosatsu, le moine mendiant (Amida bouddha).
Cette réforme, là où le maître exige la soumission, l'hérétique exige la transparence judiciaire des maîtres et des organisations pour être son propre maître, sera chantée selon nous très clairement par des pédagogues non illettrés institutionnalis┬s (influence des généalogies) omme Nagarjuna (juge, poète, médecin) au IIème siècle en Inde, Chan Tao ou Zendo au VII ème siècle en Chine, ou au Japon au XIIIème siècle par Shinran dans le Shôshin Nembutsu-gé, ou "Eloge de la vraie foi" (texte traduit par de nombreux interprètres non conventionnels tant chinois, japonais, coréens qu'indiens). Bien entendu les champions toute catégorie, les sans nom, les sans attache et les sans richesse, ne sont plus ce qu'ils devraient être. Il en existe cependant, une longue expédition dans les campagnes et les villes japonaises, indiennes ou chinoises le démontrera, avec les réserves d'usage cependant, beaucoup ont préservé une grande possessivité et un goût "naturel" pour les cultes locaux, la magie, les pouvoirs, liés à la nostalgie d'un passé institutionnalisé politiquement souverain, donc limité; cette remarque est indispensable.

Un anthentique sans nom n'hésitera pas à chanter sous les balcons des monastères, des universités bouddhiques, de la fédération patronale, du conseil d'Etat, du chef de l'Etat, les articles 18, 19, 20 de la constitution de 1946 du Japon :
- art.18 : Nul ne peut être soumis à une sujétion quelconque.
- art.19 : La liberté d'opinion et de conscience ne peut être enfreinte.
- art.20 : La liberté de religion est garantie à tous. Aucune organisation religieuse ne peut recevoir de privilège quelconque de l'Etat, pas plus qu'elle ne peut exercer une autorité politique. Nul ne peut être contraint de prendre part à un acte, service, rite ou cérémonial religieux. L'Etat et ses organes s'abstiendront de l'enseignement religieux ou toutes autres activité religieuses. Ces propos ne sont pas si incohérents...

Nichizô (1269-1342) disciple de Nichirô (1242-1320) hurlera sous les fenêtres du palais impérial :"nembutsu, acte infernal! zen, oeuvre du démon! shingon, mort de la nation! ritsu, trahison nationale!" (1294). Cela confirmera notre propos sur la désinstitutionnalisation des moyens.
Le nembustu des hérétiques niera également les hiérarchies politiques et religieuses liées à la propriété privée religieuse et au servage pour dettes. Il n'y a pas, il faut encore le dire, une "lecture officielle" de la doctrine bouddhiste mais des lectures et bien des interprétations / oppositions. Il n'y a pas "une" voie de l'essence mais une somme de doctrines dans un contexte religieux, hier et parfois aujourd'hui, de corvées obligatoires, de servage et de propriété. Il y va de la liberté et de la liberté religieuse de chacun, il y va, aujourd'hui, dans un contexte communautariste éminemment sectaire, de nouveau hiérarchisé et privatisé, politique (le lien aux Etats est évident), financier (le lien au capitalisme, aux activités commerciales, boursières et bancaires, est également évident), délinquant (la délinquance religieuse et le crime religieux éxistent), des droits fondamentaux de chacun.
Lire, pour se rafraichir la mémoire, les essais critiques du zen en guerre de Brian Victoria, les réformes d'Hakamaya Noriaki, de Matsumoto Shiro et d'Ichikawa Hakugen (Japon), notre ch.II, dans le champ marxiste chrétien les oeuvres des théologiens de la libération Enrique Dussel (Argentine, Mexique), Gustavo Gutierrez (Pérou), Clodovis Boff (Brésil), Ronaldo Munoz (Chili), Pablo Richard (Chili, Costa Rica), Juan Luis Segundo (Uruguay) et les définitions juridiques du génocide, du crime d'agression, du crime contre l'humanité retenues par l'ethno-juriste Charles de Lespinay, le code pénal français, la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, et pourquoi pas, les attributions de la CPI, etc.... Intro.I et II, net.

3

La doctrine fut mise en application dans les monarchies et les empires inégalitaires au Tibet, en Inde, en Chine, en Corée, au Japon et est aujourd'hui une doctrine dominante éminemment capitaliste. Elle est le coeur du maha-vajrayana institutionnel, et, au risque de déranger le consensus, au coeur des inégalités graduées religieuses.

En fait, le régime spécial des inégalités politiques et socioreligieuses bouddhiques, après étude des affaires religieuses (archives et annales ouvertes à l'éthnographie juridique) révèle un étonnant effort d'amnésie consensuelle.
Cet effort collectif de falsification/classification des faits religieux criminels concerne en fait une somme très importante de "génocides éthniques et religieux" officiellement dissimulés sous l'appellation "histoire générale des conflits religieux (des écoles monastiques - très rarement des doctrines - et des maîtres) ou histoire religieuse des pays". Cet aspect de l'histoire religieuse voudra, par exemple, que le bouddhisme désincarné, logique du vide oblige, soit victime du fait criminel mais jamais acteur/auteur du fait criminel ( voir "An exuberant adventure : the academic study and teaching of religion" de Martin E. Marty, 1996).

Ce consensus aura pour effet d'effacer la responsabilité religieuse, politique et pénale, de certains monastères, de certains maîtres et de minimiser le rôle des taductions falsifiées, des réécritures et de leur application, dans un contexte inapproprié de propriété foncière religieuse et de hiérarchies (Ch.I note 3 al.4 "les falsifications des manuels scolaires en Inde et au Japon et la religion d'Etat"; C. Alban Sabouret "Mémoire et oubli", INALCO; Romila Thapar "History of India" , Penguin).
Les chronologies bouddhistes construites de toute pièce autour de grands noms (naissance et mort des maîtres, hauts faits) "sans histoire" (y compris celles du nembustu institutionnel des deux églises du jodoshinshu, Est Honganji et Ouest Honganji de Kyoto, mettant en avant des personnalités lettrées institutionnalis┬es telles que Nagarjuna, Vasubandhu, T'an luan, Tao tch'o, Chan tao, Genshin, Hônen) n'échappent pas au processus de la falsification / dissimulation du fait sociohistorique criminel : les guerres religieuses secrètes de succession politique, l'usurpation des domaines religieux, les crimes religieux crapuleux, les vengeances, les purges ethniques et religieuses, les détournements de fonds religieux, les crimes religieux de blanchiment, les escroqueries... (bibliographie judiciaire sommaire, Ch.II)
L'exhibition du faste et de la pompe des rituels codifiés, des chefs idéalisés et des lignées combattantes, supports guerriers voulus sans tache, "saints et immaculés", la superstition populaire, la misère sociale, la répression policière en cas de protestation entretiendront le mythe de la pureté et du parcours sans faute : "sur terre comme au ciel".

Nous avons survolé dans notre propos introductif II la question des droits de l'homme (hautement conditionnels au Tibet puisqu'ils sont un privilège de la noblesse héréditaire) jusqu'en 1950, et la question de la longévité politique falsifiée, au regard de l'histoire des lignées, des Dalaï Lama entre le XVIIème siècle et le XXème siècle. Il serait utile sur un même plan critique d'appréhender la question de la transparence bouddhiste par les moyens de l'enquête criminelle sociohistorique comparée ou par ceux de l'ethnographie juridique comparée au Japon entre le Xème et XVIème siècle.
Tourisme et histoire religieuse officielle nous conduiront par exemple à Kyoto sur la piste des écoles anciennes, notamment sur celle de la célèbre école des lois Tendaï, du Mont Hiei, associée aux aventures rocambolesques de nombreux maîtres à travers des siècles de conflits...

Genshin (942-1017), Hônen (1133-1212), Shinran (1173-1263) promoteurs de la Terre Pure au Japon et Dôgen (1200-1253) promoteur du zen enseigneront les lois avec un esprit de réforme (bien qu'institutionnalisés et de conditions sociales favorisées) et feront tâche dans les enseignements monastiques traditionnels, "corrompus", précisément, par une tradition dévorée par les hiérarchies, le pouvoir, le commerce, ses usages mondains et monétaires.
Le nembutsu ou le shin compte plusieurs courants principaux, une nuée d'écoles, de maîtres et de sous branches, des dizaines de milliers de temples, le zen entre le XIIème et XIVème siècle, ne compte pas moins de 24 courants doctrinaux issus de 46 transmissions chinoises, toutes soucieuses de préservées leur indépendance.
Nichiren l'Intolérant (1222-1282), fondateur de l'école du sutra du lotus, sera condamné à mort par les autorités judiciaires de Kamakura pour ses dénonciations ininterrompues des écoles jôdo, shingon, tendaï, risshû puis sera finalement déporté dans l'île de Sado (Ikéda Daisaku, président de la Sôka Gakkaï, s'inspirera, du reste, de Nichiren et de sa conception de l'Etat).
Rennyo (1415-1499), engagé dans l'aventure politique du jôdo-shinshû ne manquera pas d'être attaqué par les moines-soldats rivaux du monastère tendaï en 1465. Le jodoshinshu, très politique et très capitaliste, se scindera en deux églises missionnaires, rivales depuis le XVIIème, et se subdivisera en une nuée de sous branches. Les maisons mères demeureront adeptes de la voie politique et guerrière impériale tout en régnant sur un véritable empire. Autant d'écoles célèbres du Xème au XVIème siècle...

La plupart des écoles seront cependant liées à l'histoire criminelle religieuse du Japon, à l'espionnage ou au pénal aujourd'hui indissociable des hauts fonds du tourisme religieux, du folklore et de l'histoire falsifiée. Le premier fait criminel religieux falsifié (les guerres religieuses, le crime religieux) naîtra de la tentation du moine historien de l'instance religieuse : utiliser, manipuler, hors de son contexte sociohistorique, le fait miraculeux concernant les ennemis héréditaires ou naturels de "l'ordre" à savoir les saints sociaux, hérétiques, parfois politiques.
Ces hérétiques (hommes de choix) seront mahassidha en Inde, yogi en Chine, yamabushi ascètes des montagnes, ajari marcheurs libres révoltés, hijiri mendiants magiciens au Japon, assassins convertis un peu partout et arhat pauvres (des saints égoistes selon les capitalistes tibétains)... Aucun n'échappera à l'institutionnalisation monastique et politique. Héritage tronqué donc...
Quatre des compagnons spirituels de Hônen seront exécutés pour "trouble de l'ordre public" précisément à la suite d'une dénonciation des moines institutionnels de Tendaï. Hônen sera exilé en 1206 sur l'île de Shikoku (la plus petite des quatre îles principales du Japon). Cette trahison spirituelle des frères visait en fait la réforme du bouddhisme au XIIème siècle qui prônait simplification et pauvreté, popularisation. L'on retirera même à Hônen sa qualité de religieux bouddhiste.
Ces faits historiques relèveront aujourd'hui (pourrait-on se passer à Tendaï de l'enjeu économique et religieux "Hônen" - le "saint Hônen" ?) du marketing spirituel et de la publicité mensongère "nous agissons selon les règles de Honen".
La manipulation de l'héritage des réformateurs pérsécutés au Japon (à l'instar de l'histoire socioreligieuse des populations tibétaines manipulée par les religieux et les politiciens institutionnalisés; institutionnalisation noyant la responsabilité religieuse, politique et pénale de la collaboration au nazisme et à l'impérialisme japonais des chefs tibétains) est un bon moyen de falsification du fait criminel religieux et une cause nécessaire, selon nous, pour la rédaction d'une histoire judiciaire (pays par pays) du bouddhisme.
Les ordres religieux Japonais de la voie impériale, Tendaï, les écoles du jodo et du jodo-shinshu, prétendent au XXIème siècle (devant les médias, les écoles, les universités) un mythe du parcours monastique sans faute et cachent que depuis la mort de Saîcho, fondateur de Tendaï (IXème siècle), ils sont totalement opposés aux réformes conduisant au dharma populaire, à la connaissance intégrale gratuite, aux retraites gratuites, à la libre maîtrise, à sa libre application.
Les réformateurs évoquèrent dès 1052 (au Tibet, en Inde, en Chine) : "la période finale de la bonne loi ou la cessation du dharma bouddhiste", en un mot mappô ou... pour casser le consensus sur mappô, l'étouffement définitif des dissidences sources de trop de subjectivités pour reprendre l'expression de Toni Négri, de trop "de fuites vers la marge, de déconstruction vers la marge, de réduction de l'amplitute des pouvoirs".

Une mise en perspective diachronique nous conduira aux rivalités politiques entre deux monastères de l'école tendaï, Enryakuji et Onjo-ji.
Enryaku-ji (initialement Hiesan-ji et Ichijô-ji), temple de Kyoto, est célèbre et très visité, il aura pour mission de protéger le palais impérial des mauvaises influences venant du Nord-Est. Fondé en 788 par le pédagogue Saïchô, né d'une famille d'immigrants chinois (767-822), il sera détenteur des seuls liens /préceptes Hô chinois du mahayana au Japon pour la paix et la cessation de la misère sociale. Saïchô sera, à ce titre, le protégé du cinquantième empereur Kammu (737-806) désireux de s'affranchir de "l'arrogante tutelle politique de l'école de la Pensée Unique" (crée au Vème siècle par le médecin errant indien Vasubandhu, école hossôshû de Nara, Japon), en tant que l'une des "six sectes (politiques)- nanto-rokushû- à éviter"(kusha-shû, jojitsu-shû, hossô-shû, ritsu-shû, sanron-shû, kegon-shû)

"Ces deux rivaux, les monastères Enryaku-ji et Onjo-ji, partageant les mêmes préceptes de non violence, écrira le bouddhologue Jérôme Ducor, ici enquêteur et historien du fait criminel, ne cessèrent de se harceler, rasant, incendiant les temples, les prieurés, les ermitages adverses durant six cents ans (Xème au XVIème siècle) quand ils n'incendiaient pas eux-mêmes leurs propres bâtiments en signe de protestation" (J.Ducor "La vie de Zonkaku" (1290-1370 ) ch.V sec.IV "les raisons de la disgrâce de Zonkaku, espionnage et politique", G.Renondeau "histoire des moines guerriers du Japon" et L.Frédéric"Le Japon", dictionnaire et civilisation).

Il est interessant de remarquer, selon d'autres sources, que le jôdo shinshû institutionnel dépendant du grand temple de la voie impériale Hongan-ji de Kyoto sera à la fois objet et co-responsable religieux, politique, militaire des génocides religieux de 1563, 1571, 1574-1580.
Les adeptes religieux et politiques du jôdo-shinshû regroupés en une très puissante "ligue de l'idée unique", ikkô-ikki, sous l'impulsion de Rennyo (1415-1499), "8ème hossu" ou selon la traduction de L. Frédéric "8ème Pape", se soulèveront contre des seigneurs locaux pour asseoir plus d'autorité politique et économique dans le centre du Japon.
Après le "règne" de Rennyo, la ligue (bien que relevant du mahayana, véhicule du bodhisattva, pacifique et non combattant) s'engagera dans un effort de guerre au dessus de ses compétences et contre nature. Le successeur de Shonyo (1517-1554), Kennyo (1543-1598), 11ème hossu, qui portera comme tout hossu le titre de shonin ou "saint homme", n'hésitera pas à jouer la vie de "ses" moines ordonnés et celle, non moins sacrée pour un bouddhiste, de "sa" communauté de fidèles laïcs, en opposant "ses" moines-guerriers et paysans samouraï, ji-samouraï, à un authentique seigneur de la guerre : Tokugawa Ieyasu (défaite de la ligue en 1563).
La ligue n'hésitera pas à provoquer l'unificateur du Japon Oda Nobunaga (campagnes et défaites de la ligue en 1570, 1574, 1580). Oda Nobunaga après avoir passé par le sabre 3000 moines-guerriers du monastère Enryaku-ji de tendaï et mi le feu aux batiments, Kyoto (1571), brûlera vif 20 000 religieux du ikkô ikki, trois ans plus tard, 1574 ( Note 3 al.1 "les limites de la morale nationale en tant que système éthique de la nation et voie des Dieux" et note 4 "le crime religieux d'Etat").
La vérité du fait criminel religieux (d'ou l'intérêt d'une histoire judiciaire du bouddhisme) disparaît très tôt au profit de l'intérêt supérieur du "religieux" (l'engagement immaculé à ne pas mentir, à ne pas voler, à ne pas tuer). Il est courant d'entendre les religieux réjeter la faute (les causes des faits criminels liés aux applications doctrinales d'hier) sur la modernité. Ce qui revient à annuler la quasi totalité de la responsabilité religieuse, politique et criminelle des acteurs, des lignées, des héritiers du passé mais aussi à discréditer, comme c'est presque toujours le cas chez les traditionnalistes, l'organisation sociale laŹque à partir d'une même base de lecture de la dogmatique justifiant ainsi l'usage du meurtre : "le présent est souillure...les populations sont polluées, dégénérées, impures ou barbares...".

Jérôme Ducor écrira : "le hossôshû du Japon (école de la "pensée unique" dominante en Inde, en Chine, au Japon, au Tibet) s'est développé en un ordre bouddhique extrêmement puissant, non pas tant en raison de sa doctrine que de la position de temple mère... le Kobukuji à Nara (contexe de pouvoir et d'ultra-propriété)". Jérôme Ducor est bouddhiste, de fait, la doctrine codifiée qui deviendra par les usages mondains une théologie politique au service d'une hiérarchie politique, échappera à l'histoire criminelle comme à la critique juridique de la doctrine. Nous avons affaire, en effet, à l'usage d'une doctrine du mahayana-vajrayana dans un contexte d'application politique inapproprié. Le lien de cause à effet disparaît dans la somme des effets présentés comme séparés. L'empereur Kammu (737-806) se plaindra pourtant de l'arrogante tutelle politique de l'école de la pensée unique (doctrine donc) du hossoshu... Il mettra ses espoirs en Saïcho (767-822), en vain.
Le fait criminel religieux (les guerres du jodoshinshu durant le XVIème siècle ou celles perpétrées au nom des empereurs Meiji, Taisho, Showa entre 1868 et 1945) est présenté comme n'ayant aucune origine doctrinale, la doctrine étant pourtant le coeur caché de "l'instance" ou de "l'institution". Aucune école bouddhiste ne se fondera sans sa base théorique et théologique et surtout sans "sa" lecture du fait théorique. Or nous savons que la Pensée Unique (doctrine majeure du bouddhisme de la voie royale au Tibet, en Inde et en Chine) conçue initialement pour le non attachement aux choses et aux êtres - sans Etat et sans richesse - transmise dans un contexte politique normatif guerrier ou d'Etat, de propriété foncière religieuse, de généalogies ou de servage est prévenue : poison véritable.
L'enseignement général dit : "appliquez la doctrine sans propriété, sans richesse, sans dette, sans corvée ni servage... Le religieux peut se passer de hiérarchie et d'argent. L'objet religieux ne concerne pas le fait politique... Le religieux peut donc se passer d'un Etat "à lui".... Le religieux va précisément là où l'Etat, le roi, le ministre et la loi (ou le droit) ne peuvent aller : dans le coeur des hommes. Il n'est pas question de faire le lien entre l'Etat et les sujets. Le religieux est hors Etat...." Les hossu ou Papes du jodoshinshu chercheront pourtant des privilèges nobiliaires identiques à ceux attribués par l'empereur aux familles aristocratiques ou à séduire les peuples confiants et les empereurs pour des questions purement stratégiques, commerciales ou politiques.
Cette problématique sera traitée en partie dans le Tannisho ou "livre concernant les hétérodoxies déplorables" attribué à Yuien, disciple de Shinran, 1250 et popularisé au XIXème siècle par Kyozawa Manshi. La doctrine et son usage par les religieux institutionnalisés dans un contexte politique inapproprié seront deux sources judiciaires, pour reprendre une expression pénaliste contemporaine (Renée Martinage : "Les sources judiciaires de l'histoire du crime", l'historien face aux sources juridiques).
En fait la séparation de l'église et de l'Etat (hier comme aujourd'hui) n'a pas rendu le délit religieux plus faible, loin sans faut. Les cultes, les rituels codifiés et la magie (pas moins), en appui sur une dogmatique (voie royale ou impériale des dieux, de l'essence ou du vide constitutif de toute chose), dans un contexte déviant, sectaire, politique ou monétariste, ont réellement modélisé la délinquance bouddhiste, son monde et son prosélytisme.
Pour quelle raison doit-on être religieux (moine, bonze ou laïc croyant) si la croyance n'opère pas une modification sensible de nos données laïques initiales, individuelles et collectives ? La délinquance religieuse, ritualisée, à partir de l'interprétation d'une doctrine, voire l'exploitation rationnelle de l'ignorance par la magie, seraient-elle une force imaginaire ? A en croire de nombreuses églises bouddhiques, non.
"L'esquisse d'une théorie générale de la magie" de Marcel Mauss (1872-1950), hors croyance, nous renseignera sur ce dernier point de la magie (Voir également "L'intérêt d'une histoire judiciaire du bouddhisme à l'heure de la décriminalisation de la magie et de la sorcellerie" (en cours); également les textes de Jean Marie Tremblay, sociologue au CEGEP de Chicoutimi, Canada, site web :
http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques des sciences sociales/index.html et http://wwwens.uqac.ca/jmt-sociologue/).

4

La cessation de la misère individuelle et sociale par la voie du bouddhisme primitif s'oppose doctrinalement et juridiquement au bouddhisme de la voie royale ou impériale.

Une histoire criminelle comparée des religions, aussi brêve soit elle, nous montrera que l'intérêt supérieur : "la victoire sur la misère sociale par la radicalité religieuse" qui est l'objet même du religieux avant l'époque des Lumières et l'ère industrielle (l'en-commun sera selon la juriste Chemillier-Gendreau l'objet du droit international des personnes pauvres, du droit à la vie en Europe au XXIème siècle) est occulté au profit des intérêts privés des communautés religieuses, acteurs politiques et économiques.

La sociologue des religions Danièle Hervieu Léger évoquera dans "le pélerin et le converti" : "l'échec de la chrétienté à garder ses ouailles (ou ses pauvres) dans son giron" ainsi que la manifestation "des renouveaux les plus hétéroclites, une prolifération (des communautés religieuses new-wave) qui contribue à la formation d'identités sociales inédites, voire l'émergence d'une société post-chrétienne. Les croyants, en demande de sens, circulent en quête d'une filiation religieuse qui ne leur inculque plus, dès le berceau, une vérité immuable et intransigeante, et qui ne les menace plus des feux de l'Enfer".

Nous observerons les mêmes effets au sein du bouddhisme institutionnel s'accrochant à ses privilèges de noblesse (comme aux portes des enfers bouddhistes) ou aux vieux modèles des monarchies divines totalitaires.
La tradition bouddhiste hérétique du nembustu relèvera du droit shakyamunien ou amidien de l'homme, de la réforme socioreligieuse. Elle n'est ni primitive ni post moderne ou post-bouddhiste. En fait, l'idéal bouddhiste conduit au "sans Etat" et au "sans richesse", à la marge, au monde du sans Etat et du sans richesse, à l'homme historique "sans droit", à la nécessité du partage et de l'en-commun dont parle Chemillier-Gendreau.
Cet idéal combattu par les courants théologiens du bouddhisme séculier (l'idéal populaire de l'homme étant l'ennemi de la certitude par les divinités) aura pour conséquence de désincarner l'avenir du bouddha "sans Etat" et "sans richesse". Le bouddhisme a bien été absorbé par un élan séculier maîtrisé par les instances héréditaires du maha-vajrayana. Le sans Etat et le sans richesse, selon le prosélytisme déviant des "rois", a bien signifié que l'homme du peuple était "une créature négative ou impure" née sans droit. Le crime religieux y puisera selon nous une justification doctrinale (théologique) supplémentaire.
L'école de la réforme japonaise, à ce titre, derrière les professeurs bouddhistes Ichikawa Hakugen, Hakamaya Noriaki, Matsumoto Shiro ou Brian Victoria, dénoncera un fait similaire dans le mahayana-zen du Japon : "l'entitétisme physique" ou "l'homme-entité", autre aspect de l'homme désincarné et par extension sans droit, justifiant à terme son meurtre, son sacrifice ou la guerre sainte au nom de l'empereur.
Le nembustu réformé relèvera un temps d'une doctrine de l'essence (comme la Pensée Unique) mais sera rattrapé par la vocation des institutions religieuses, la richesse et la propriété foncière. Le nembutsu et le zen réformés, reconnaîtront un temps, au regard de l'essence et du salut, que "l'enfer n'existe pas" et que les inégalités graduées admises sur une base héréditaire discriminante (codifiée au Tibet dès le IXème siècle) ne sont pas nécessaires pour organiser une société et avancer dans la vie religieuse individuelle.

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Chaque communauté bouddhiste défend toujours avec rage "une version officielle" de l'histoire et des enseignements de Gautama, tout en refusant d'admettre que le dharma puisse être, comme le pénal des pays, un reflet de la souffrance populaire.

"Croire", sans servir aveuglément une communauté de fidèles "autour de son guru", était hier un délit et est toujours, nous le voyons bien aujourd'hui en France, aux USA, au Japon ou en Inde, un délit qui s'accompagne d'une mise à l'index du fautif (du pauvre généralement) ou de son exclusion de tous groupes religieux mais aussi (par identification à l'altérité) des groupes sociaux laïcs.
Il n'y a que peu d'exemples contraires en Asie, ou en Occident. Celui qui est sans richesse et qui ne sert pas, ou ne peut servir le lama ou le bonze, ou qui ne se soumet pas à l'ordre communautaire, "ne peut connaître le vrai dharma et engendre le chaos". Au regard des règles, des usages et des textes, il commet une faute grave et relève d'une accusation de crime de schisme, première des cinq fautes bouddhistes conduisant à l'enfer Avici. Le schismatique sera traité à l'égal d'un criminel. L'exclusion conduira à altération, à l'errance, au délit puis, invariablement, à la sanction et pour certains à la prison ou à l'hopital psychiatrique.
Reflet de l'académisme maniéré propre aux élites politiques le bouddhisme institutionalisé (qui semble un support d'expéditions punitives contre les sujets ignorants, tel que nous l'avons vécu à la base chez les tibétains en Inde, au Japon et en Europe) est devenu une discipline intellectuelle inégalitaire réservée aux seuls virtuoses fortunés.
Les douze spécificités du bouddhisme conduisant à l'autoritarisme, au militarisme et au fascisme, tels qu'observés et analysés en 1975 par le moine Ichikawa Hakugen au Japon, supporteront notre critique qui paraîtra, de fait, tout à fait à place (Ch.II : "les causes et les effets").
Le bouddhisme séculier, en effet, ne soutient plus l'engagement à la base, la marge ou la radicalité. Il n'affronte plus, capitalisme institutionnalis┬ oblige, la sévérité du pénal, la sévérité de la rue, la sévérité des conditions sociales extrêmes : prostituées, détenus, parias, aliénés, errants, voleurs, assassins. Le bouddhisme sera toujours absent quand les pauvres seront rendus fous de détresse dans les bas-fonds d'Europe, d'Afrique, d'Amérique du sud, d'Asie ou d'Amérique du nord. C'est dramatique mais c'est comme ça... Les élites bouddhistes laïques auront probablement, un jour, des comptes à rendre...

L'histoire bouddhiste est d'autant plus criminogène que les droits shakyamuniens de l'homme (droits complets accordés aux homless) sont inexistants pour les pauvres.

1- Rappelons ceci : nous pouvons traiter la question des droits de l'homme au Tibet avant 1950 dans la perspective des droits shakyamuniens de l'homme (inexistants au Tibet) et des droits de l'homme également inexistants au Tibet (sujet tabou dissimulé sous le poids du martyr et des données religieuses, historiques, juridiques et judiciaires falsifiées, déformées, détruites) et traiter la même question selon les critères de la lutte contre le communisme et des droits internationaux de l'homme de la CIA en 1952. Il est plus aisé de traiter la question selon les derniers critères.
La situation des droits sera du reste traitée avec la même hypocrisie par les deux parties après 1959, après les crises de 1966/1968 (début de l'ère anti-droit en Chine et révolution culturelle), après celles de 1977/1978, mort de Mao et restauration de l'Etat de droit. Elle est toujours traitée avec hypocrisie à l'époque de l'économie socialiste (libérale) de marché inaugurée par Deng Xiao Ping. Chine "sans droit de l'homme", dirons-nous, qui semble tant plaire, cependant, comme aux temps de l'empire mandchou et du commerce de l'opium, entre 1830 et 1911, aux capitalistes politiques tibétains (qui espèrent, du reste, en le renversement du gouvernement chinois par les moyens stratégiques du PNAC) et aux capitalistes japonais ou occidentaux sans scrupule.

2- Même propos concernant les droits shakyamuniens de l'homme et les droits de l'homme au Japon avant l'ère de l'empereur Meiji, durant l'Ere Meiji (1868 /1912), après l'Ere Meiji : Ere Taisho (1912-1926), Ere Showa (1926-1989), Ere Heisei (1989,...).
Notons toutefois que la question sera traitée après 1946 par le rennoncement constitutionnel à la souveraineté impériale ("l'empereur doit ses fonctions à la volonté du peuple en qui réside le pouvoir souverain", article 1er Ch.I de la constitution) et par la reconnaissance de l'interdiction de soumettre un être humain à une quelconque sujétion, à une quelconque obligation de prendre part à un acte, service, rite ou cérémonial religieux (article 18 et article 20, Ch.III de la constitution).

3- Même propos concernant les droits shakyamuniens, les droits hindouistes de l'homme et les droits de l'homme en Inde avant 1948.
La question des droits sera traitée après l'écriture de la constitution socialiste laïque par l'abolition de l'intouchabilité en 1950. Toutefois ces droits demeurent relatifs : il y a les droits religieux de l'homme selon le bon vouloir capitalokarmique de l'abbé-bouddhiste et selon l'autoritarisme politique du brahmane-pandit et ceux (laïcs et religieux) garantis par les juges constitutionnalistes de l'école du paria Ambedkar.
Une chose est sûre la connaissance bouddhiste du grand véhicule (mahayana) ne va plus côté rue, là où se trouve pourtant l'esprit des lois. Les enseignements sur la mendicité et l'errance (et nous le verrons tout le long de cette approche) ne sont plus reconnus. Il faut aller très loin au Japon ou en Inde pour entendre l'Ittivuttaka ou le droit traditionnel à l'errance religieuse ou professionnelle.

Bouddha est familier des criminels et des paria :
"Aucun être ne m'aime, dit Angulimala l'assassin à Gautama, pourquoi devrais-je aimer les autres ? Les hommes sont cruels et fourbes. Je n'aurai de cesse de les avoir tous tués pour satisfaire ma haine.
- Il y a aussi des êtres capables de compréhension et de compassion, dit Bouddha, avez vous déjà rencontré un bhikkhu ? les moines font le voeu de protéger toute vie et s'engagent à erradiquer le désir, la haine et l'ignorance...ma voie peut transformer la cruauté en bonté. La haine est le chemin sur lequel vous vous trouvez maintenant. Vous devez arréter. Optez pour le chemin du pardon, de la compréhension et de l'amour" (Angulimala Sutta Majjhima-nikaya 86. Taisho Shinshu Daizokyo 20)
"Je suis un intouchable, dit Sunita le paria transporteur d'excréments, je ne veux pas vous souiller.
Gautama répondit : "Notre voie n'établit aucune distinction entre les castes. Vous êtes humains comme nous tous. Seules l'envie, l'illusion et la haine, peuvent nous souiller. Une personne comme vous ne peut nous apporter que du bonheur. Quel est votre nom ?" (Lalitavistara Sutra)
"Ceux de mes disciples, dit encore Gautama, qui sont moines errants doivent observer les quatre règles et baser toute leur vie sur celles-ci :
1- Ils portent de vieux habits abandonnés.
2- Ils reçoivent leur nourriture en mendiant des offrandes.
3- Leur foyer est l'endroit où la nuit les surprend sous un un arbre ou sur un rocher.
4- Ils se soignent uniquement avec un remède spécial fait à partir de l'urine de la communauté." (Dhammadayada-sutta, Itivuttaka 100 & Majjhima-Nikaya 1/3, Bukkyo Dendo Kyokaï ).

Les monastères du vajra-mahayana et les centres de dharma, résolument capitalistes (en Europe, aux USA, au Japon) sont tous adeptes ou héritiers de l'une des nombreuses formes du bouddhisme de la voie royale ou impériale du Tibet, de Chine ou du Japon. Mais le droit bouddhiste des personnes pauvres ou le droit bouddhiste à la vie Itivuttaka conçu par Gautama au Vème siècle avant J.C. pour les moines errants est contesté ou n'est plus reconnu. Pour les bouddhistes institutionnalisés il n'y a plus de miséreux, ni de mendicité, il faut appliquer les commandements du grand capital, ses lois et accepter le salariat...
La principale conséquence de la non reconnaissance de ce droit fondamental consiste en une plus grande altérité de l'identité des marginaux et des vagabonds sur la voie bouddhiste.
Dharma, ne signifie pas seulement : "ce qui maintient sur les rails de la connaissance", il signifie ouverture au monde, désintérêt, pluralisme, investigation dans les causes de la souffrance, il signifie aussi en pâli, dhammadhana : "enseignements gratuits".
Le dharma fondamental tire en fait son originalité des solutions radicales originales apportées à la pauvreté, à la maladie, à la douleur du peuple et n'a jamais été une discipline académique ou intellectuelle... Il est cependant une cerise posée sur un gateau de privilèges, un quatrième cycle post universitaire dispensé par des rois avides et fiers à des traducteurs virtuoses couchés sur un lit de crème. Salo ou les 120 journées de sodome... avis aux amateurs!
Les ordres religieux bouddhistes de la voie royale (laïque et monastique), faut-il vraiment le dire, vassaux néofascistes souverains au Tibet, en Inde ou au Japon, cherchent un trône en Europe, quelque part, sur la terre d'un salariat hypocrite rendu obligatoire par les chefs religieux, ou aux USA, à l'heure ou les rêves de "l'Empire" prennent de nouveau le pas sur les esprits et les libertés.

Quand on parle d'empire, de quoi s'agit-il exactement ?
Arhundhati Roy propose une réponse intéressante dans "Assiéger l'Empire" (Le Monde Diplomatique, mars 2003):
" ...il s'agit du gouvernement des Etats Unis et de ses satellites européens, de la Banque Mondiale, du Fond Monétaire International (FMI), de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et des firmes transnationales. L'Empire n'est-il que celà ? N'a t-il pas dans de nombreux pays, engendré des excroissances subsidiaires, des sous-produits dangereux tels que le nationalisme, le fanatisme religieux, le fascisme et, bien sûr, le terrorisme, qui marchent la main dans la main avec le projet de mondialisation libérale ?
"Pour illustrer mon propos, je vais prendre le cas de la plus grande démocratie du monde : l'Inde, à la pointe de l'offensive néo-libérale. Son marché d'un milliard d'habitants a été ouvert au forceps par l'OMC. Le gouvernement et les élites du pays font leurs délices des privatisations et de la dictature des marchés et des entreprises géantes. Il n'est nullement fortuit que le premier ministre, le ministre de l'intérieur et le ministre du désinvestissement (c.a.d. des privatisations) - ceux là mêmes qui avaient signé un accord avec Enron, qui bradent les infrastructures de l'Inde aux transnationales, qui veulent privatiser l'eau, l'électricité, le pétrole, le charbon, l'acier, la santé, l'éducation et les télécommunications - soient tous des membres ou partisans du Corps National des Volontaires RSS, organisation hindoue de droite ultra-nationaliste qui, dans le passé, n'a pas caché son admiration pour Hitler et ses méthodes
(voir Ch.I note 3 ali.2 "approche Indienne réformée de l'hindouisme pour une mosaïque ethnique et un pluralisme confessionnel préservé des tentations aryennes" et Ch.II "La loi des causes et des effets" notes 9 et 10, les liens institutionnels contradictoires et les oppositions sur la question d'une même loi ou l'agression stratégique des codifications")


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En fait chaque enseignement ou dharma, peut être pris différemment selon qu'il est vécu dans le Yunnan en Chine, dans le Kérala en Inde ou dans la région de Kii au Japon, selon que l'on soit riche ou pauvre, malade ou en bonne santé.

Un dharma n'est pas opposable à un autre dharma. Nous voulons bien le croire. Le dharma serait une vertu égalitaire par l'expérience/compréhension de la vacuité mais il ne peut l'être, selon nous, que dans un contexte militant ou socio-économique de décroissance ou de pauvreté.

Le pauvre vit dans un contexte d'épuration judiciaire. Le dharma s'opposerait à cette épuration... Il serait en ce sens une biophilosophie critique holistique - nous nous y opposons car le contexte institutionnel, hiérarchique, héréditaire et monétaire des écoles bouddhistes, monde particulier, s'y oppose. Il conduirait malgré tout à la connaissance de l'absolue et de la recherche fondamentale. De laquelle ? Cette connaissance évoluerait en tant qu'une dicipline de l'esprit résolument critique et méthodique. Il est dit : "si le tout est mon esprit, mon esprit est le tout". Vertu de la pensée holistique ? En dehors d'un contexte de critique sociopolitique le dharma tel qu'il est enseigné et vécu ne peut prendre que la forme du gouvernement et de l'ordre socioéconomique dominant qu'il prétend englober dans sa vue unitive ou globale.
Il est dit : "Chaque enseignement est comme une branche de corail dans un lagon. Chaque branche est vivante et se transforme". Le dharma ne serait donc pas l'histoire d'une ou des communautés de la "religion nationale" comme nous l'avons vécu. L'histoire des lignées ne serait pas une loi ni un modèle d'organisation sociale. La réputation d'une école ne serait pas une loi ou un mode de vie. Une école ne serait pas le dharma. Nous voulons bien le croire.
Le dharma serait le reflet de la vie et de la souffrance. Il n'est pas enseigné comme tel. Il ne reflète pas la condition de la douleur et de la souffrance mais la persistance de l'inégalité sociale. Il est plutôt l'expression d'une autorité politique conservatrice et réactionnaire. Il serait est un moyen subversif moderne, subjectif et ne serait pas objétisable, ce n'est pas ce que nous avons vécu.
Le dharma tel que nous l'avons vécu tendait vers une aventure individuelle pour une promotion sociale ou un succès dans une activité, ici religieuse et professionnelle. Ce dharma communautariste était bel et bien normatif, utilitariste, ou un pouvoir sur les hommes et les choses, ou quelque chose "qui devait marcher". Ce dharma était une fonction, une police du comportement individuel, collectif, de la pensée, de la parole, de l'activité sexuelle, et selon une magie. Ce dharma était une oeuvre moraliste élitiste, une sanction disciplinaire. Ce dharma n'était pas le fruit du renoncement à l'hypocrisie politique et au capitalisme.

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Le concept d'impermanence (conduisant au vide par altération de la linéarité du mouvement et, par là, langue naturelle de l'altérité de l'identité) fut à l'origine la racine de la révolte individuelle des réformateurs historiques : Gautama, cinq siècles avant-Jésus Christ, Asanga, Vasubandhu ou Hiuan Tsang, indiens et chinois aux IV et VII ème siècles alors qu'ils luttaient contre l'appauvrissement du message de bouddha au sein des communautés monastiques.

Les interprétations de la "pensée unique" (voir plus loin les conséquences dynamiques et sociales de la théorie du butterfly effect) transformèrent l'enseignement initial en un message politique pour les institutions et de nombreuses cités. Au point que la "bonne nouvelle" devint le support du totalitarisme des communautés peu soucieuses de dépouillement et de la propriété privée voulue illimitée.
Les érudits des communautés bouddhistes (à l'imitation des rédacteurs assermentés des codes juridiques indiens aux VIème/VIIème siècles, codes de Manou, de Narada, de Yajnavalkya, liant théoriquement le droit, le commerce, la politique, l'information secrète ou l'espionnage pour les rois, aux techniques de maîtrise de l'esprit par le yoga du maître) mirent très tôt leurs talents d'unificateurs des pouvoirs et des devoirs au service du pouvoir religieux politique" ("Les codes anciens", David Annoussamy, Société de Législation Comparée, 2001).
Les érudits offrirent l'illusion d'un mythe du régnant aux princes, aux rois bouddhistes et aux autorités monastiques, qui confondirent libération individuelle shakyamunienne et religion nationale (victoire d'une famille-Etat, d'un prince héritier, d'un empereur ou d'un monastère) notes 3 et 4.
"L'universel de psychologie critique" qu'est doctrinalement un bouddha sera réduit par le moine du maha-vajrayana propriétaire et sédentaire, à la dimension d'un pouvoir politique local indiscutable, indissociable des devoirs (codifiés ou non) de reconnaissance et d'obéissance des sujets. Le bouddhiste, par la seule force du karma ? deviendra sujet d'un souverain (à la fois corps de doctrine, propriété, maître de la dette et des activités, divinité) puis d'un royaume. La doctrine du vide, la voie de l'essence, désormais "informations spéciales codées" exposées aux rois rivaux dans un contexte de souveraineté absolue, territoriale, politique et commerciale, en seront les outils.
Le vide sera constitutif des choses, du pouvoir et de l'organisation sociale. L'ordre souverain du "roi" et non de bouddha, qui ne règne pas, ce n'est pas dans ses attributions, procèdera du non-mouvement associé à la vertu. Le monde prendra en effet la forme des "inégalités dynamiques" à la naisssance. Ce qui signifie "toute chose en soi est inavriante", ce qui est pur est et ne bouge pas.
La voie impériale shinto au Japon (voie des dieux, voie de l'essence) est le corps subtil de la morale nationale et l'essence nationale du Japon. Les inégalités à la naissance seront les degrés de l'édifice social, corps sacré de l'empereur, ultime degré de la voie, inachevable (il en ira de même en Chine, en Corée, au Tibet, au Viêt-nam). L'empereur Meiji intègrera malgré tout au XIXème siècle (époque de la civilisation au sens juridique de l'orient) les fondements théoriques, poilitiques et juridiques de la démocratie bourgeoise pour le dévloppement du capitalisme industriel.
Ce corps sacré de Meiji sera également l'armée divine, sainte, de l'empereur, divinité tutélaire de la nation japonaise, pour les guerres saintes entre 1868 et 1912, 1912 et 1926, 1926 et 1946.

Le shintoïsme d'Etat au Japon sera, par ailleurs, le rival impérial du bouddhisme jodoshinshu au XIXème siècle, lequel sera interdit durant l'ère Meiji 1868-1912. Le jôdoshinshû de l'école de l'Est-Honganji de Kyoto (vaincu par le shinto et collabo) se répandra toutefois sur le continent chinois en tant que soutient et précurseur secret des forces armées de l'empereur Meiji .
Le jôdoshinshû missionnaire et politique s'opposera à ce titre au chef de file du bouddhisme réformé chinois de la Terre Pure, Yang Wenhui, 1837-1911. Cette expansion du Honganji politique et militaire précédera d'une quinzaine d'années les guerres sino-japonaises (1894), russo-japonaises (1904), le protectorat Japonais sur la Corée (1905), et son annexion en 1910. Le Japon déclarera la guerre à l'Allemagne en 1914 et imposera à la Chine le 18 janvier 1915 une liste de revendications (les 21 demandes) visant à transformer cette dernière en une colonie nippone...

Le maha-vajrayana institutionnel est un phénoménal support de déviance politique, sociale, économique et militaire (voir "Les conflits entre Yang Wenhui réformateur laïc de Nankin et Ogurusu Kôchô bonze missionnaire et espion du jodoshinshu institutionnel de Kyoto", Ch.II). Son hiérarchisme quasi héréditaire est indissociable de la propriété privée. Cet ensemble est toujours lié au Tibet, au Japon, en Chine et en Inde à une codification des inégalités graduées à la naissance ou au développement d'un système (parfois national) de parenté liant le souverain pontife à tous les sujets, à leurs familles, à leurs maisons, à leurs biens (il se modifie à chaque passassion de pouvoir ou à chaque renversement) .

Le phénomène de synchronisation de la codification de la parenté impériale à la parenté populaire familiale (et à un moindre titre synchrone à la transformation des doctrines métaphysiques et des cultes) est observable au Japon du VIIème au Xème siècle.
Le maître de maison, "office ou charge" dans les campagnes est l'ultime relais du développement administratif impérial, système de parenté patrilinaire (lire "Une histoire de la famille" et "le Japon une société de la maison" P. Bellevaire, Strauss, Duby, A. Colin).
En Chine ancienne le même système de parenté patrilinéaire peut remonter jusqu'à trente cinq générations pour un seul groupe ou famille (il s'agit d'une transmission de la parenté par le sexe masculin uniquement). Le culte des ancêtres, qui en est l'expression sous-jacente, démontrera la force des liens qui unissent ses membres jusque dans l'au delà et parfois justifiera la cessation, pendant plusieurs siècles, de la puissance de l'Etat central dans certaines régions. Notons que seuls les hommes peuvent être des ancêtres.
Au Japon, le culte de l'ancêtre exprime un principe de sédentarité et un principe de gouvernement indirecte (le mort ne devient ancêtre, selon les régions, qu'après trente à cinquante années de pratiques cérémoniales traditionnelles) et une obligation morale qui se transformera en une force protectrice locale (un esprit ou un dieu) ou non.
La filiation se transmettra également de père en fils en Grèce antique et à Rome ... où le rite et le culte de l'ancêtre s'établissent sur l'évidence d'une inégalité entre le mari/père de famille et l'épouse qui aura perdu ses droits au culte de l'ancêtre paternel.
Le mari/père de famille (comme au Japon ou en Chine) est le pater familias ou le prêtre seul capable de transmettre la/sa religion à son fils. La religion ne se transmettra que par les mâles. L'inégalité par la supériorité du mari sur la femme dérivera dans le contexte romain ou grec ancien, des rites, des cultes, des croyances religieuses domestiques.
La société ritualiste grècque, romaine, chinoise, tibétaine, indienne, pakistanaise, japonaise, africaine ou moyen orientale (dans sa variété cultuelle musulmane et arabophone) admet très bien l'homme sans droit ou l'esclave ainsi qu'un régime pénal appliquant le talion, la torture et la peine de mort.
Citons au registre des peines les décapitations, le supplice de la croix, l'enfermement dans l'ergastule, les travaux forcés, les mutilations, les piscines aux murènes pour les fautes légères (à Rome), la fosse aux scorpions (à Lhassa au Tibet), le supplice des mille morceaux (l'homme découpé en bandelettes sur la place publique en Chine) ou toutes sortes de supplices (à Rome) pour rendre les pièces de théatre plus vivantes...
Pas une seule société ritualiste citée ne sera étrangère à une quelconque voie du vide, de l'essence, de/des dieux, de l'immobile mouvement ou du vide constitutif de toute chose...
Sur le lois religieuses du moyen-âge et le droit civil en Inde au début XXème siècle lire l'exposé de l'avocat Pandurang Vamane Kane "History of Dharma Sastra, Ancient and Medieval Religious and Civil Law".

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Les conservateurs européens et américains voudraient, bien que le culte de l'ancêtre soit rare en occident ou quasi inexistant, qu'un développement semblable à une croyance institutionnelle, la famille dotée d'une vertu supérieure faisant d'elle une vérité institutionnelle, réduise l'écart famille/Etat.

Cette réduction serait finalement garantie par la transmission d'une "parenté institutionnelle-représentation du politique". Il est aisé de dire que dans ce vieux projet de cimentage des inégalités graduées à la naissance, le pourcentage de fils/filles de familles ouvrières dans les grandes écoles ou à l'université ne dépassera pas 10% au XXIème siècle.
En dessous d'un certain seuil de richesse par habitant le droit est sans efficace pour l'organisation sociale.... Le maha-vajrayana bouddhiste ou hindouiste n'est efficace, socialement parlant, qu'en tant qu'un droit religieux des riches. En dessous d'un certain seuil de richesse, il est socialement inefficace et cimente les inégalités et l'injustice sociale.

Ce rapport entre le droit et la misère est réel au sud et au nord. Le phénomène est plus sensible en théocratie fermée. Le consensus médiatique protibétain ou anti-chinois sur la longévitité imaginaire de la lignée des dalaï lama (après avoir mutilé par le servage pour dettes la famille populaire et paysanne) répondra à un même souci de falsification des données.
Shakyamuni a donné des enseignements sur le favoritisme, le clientélisme, la corruption des familles religieuses et des héritiers, sur les miséreux et les parias, coeur du bouddhisme populaire : "tous les êtres sont égaux devant la nouvelle loi (des causes et des effets)" (voir fo pen hing tsi king (T.190), fang kouang ta tchouang yen king (T.187), Lalitavistara).
La république en affirmant que tous les êtres naissent libres et égaux en droit a voulu quelque chose de similaire. Cependant si 10% des Čtudiants proviennent de foyers ouvriers, le reste de la population (60 à 70%) est loin d'être sur qualifié ou sur diplômé. Notons, dans un même ordre d'idée, que moins de 8% des indiens sont bouddhistes.... que 85 % naissent et renaissent sous le régime spécial des castes, pourtant prohibé par la constitution fédérale.

La peur, dans le milieu juridique conservateur d'une "explosion de la famille" (très suivie par les civilistes japonais), famille voulue "toujours institutionnelle" selon A.Benabent, avocat au conseil d'Etat et à la cour de cassation, augmente, au point que nous pourrions recourir à la fiction parentale japonaise : "maison / famille / Etat" (+ Dieu, selon) chaînon ultime de la permamence administrative impériale Meiji (de Villiers, de Villepin, Sarkozy, etc...)
Ce retour à ce qui ne fut jamais en France que dans les familles aristocratiques ou dans les familles paysannes écrasées par le servage avant le XIVème siècle semble aller à l'opposé du développement dynamique de l'individu-famille issu de l'idéologie économique progressiste des "soft laws" - production de services (net society) - en Europe 15% à 20% de l'emploi selon les régions, au Japon 30% de la population active - sans / ou avec moins (d') Etat-culture, courant socioéconomique alternatif.
Le choix du bénévolat, du tiers de temps et de la qualité de la vie l'emporte sur le profit. D'un coté nous notons un retour aux "sur valeurs" de la famille/Etat + Dieu ou "hard laws", (hô en japonais), de l'autre, au développement du "sans Etat et du sans richesse", choix politique, philosophico-économique alternatif (et non cessation du profit) de l'individu-famille et de l'artisan (premier employeur européen).
La quête identitaire de la famille nationale (hard way, hard laws), "d'essence supérieure" (dotée d'une sorte de sens national ethique et moral supérieur), est précisément manifeste dans un système qui cherche à éradiquer la solidarité prolétarienne et qui est dévoré par le développement de la société civile bourgeoise, les échanges marchands, le mode de production capitaliste, la mondialisation.
Nous voyons que là où l'éthique et la morale de la "famille/Etat", famille nationale, sont rendues possibles, plus encore dans le système familial bouddhiste, juif, musulman ou catholique, la famille-Etat (et son cortège de réflexes conservateurs) apparait comme une réaction à la négation des rapports familiaux antérieurs, à la société capitaliste industrielle et la mondialisation.

La famille japonaise contemporaine ou plutôt "la cellule japonaise" affranchie juridiquement de toute parenté institutionnelle "famille/Etat/maison", s'affirme comme une vérité sociale, non institutionnelle, et libre depuis 1946 (Itsuyo Takizawa, "Quelques aspects du droit Japonais de la famille", université Seïjo, SLG, 1990).
Le rapport à l'ancêtre et à son culte est préservé dans le contexte rural traditionnel japonais et urbain. S'il ne joue aucun rôle déterminant dans la dimension proprement civile ou constitutionnelle de la famille il en joue un par la croyance irrationelle en un passé collectif et individuel mystique et impérialiste.

Les pauvres liés aux doctrines du vide et de la vacuité glisseront du statut de sujet au rang d'objet. Les communautés au Tibet, en Inde, en Chine, au Japon sont de fait de parfaits exemples de déloyauté religieuse envers les démunis. Démunis que l'on considère toujours comme potentiellement de mauvais êtres ou de futurs mauvais pratiquants, dans tous les cas comme des "bêtes parlantes", nangzen en tibétain ou des entités maléfiques qu'il faut châtier.
Les voeux, les serments ou les liens bouddhistes, ne sont donc plus l'expression du pauvre religieux libéré, de la liberté religieuse de conscience, de circulation, d'association, garantie hier par Shakyamuni selon une nouvelle base causale.
Les "candalas" en sanskrit, les "outcasts" (les parias) des textes bouddhistes du mahayana chinois et indien au Vème siècle sont au XXIème siècle les symboles de l'exclusion religieuse et du fascisme des communautés.
Les candalas ou outcasts apparaissent comme des catégories juridiques d'exclus dans les codes royaux Tsang au XVI siècle et le code de Ganden Prodang (code de 1650 ou code des dalaï lama) au Tibet.
La discrimination administrative frappait "les hermaphrodites, les célibataires -ne contribuant pas à la reproduction de la force de travail, les mendiants, les forgerons, les bourreaux, les bouchers, les landless..." (TS :300-333, code Tsang).
La discrimination, selon le code des dalaï lama inspiré par les codes Tsang antérieurs, frappait : "les landless, les forgerons-maréchaux ferrants, les bourreaux, les bouchers..." (G.P. : 607-654).
Il est interessant de noter que les "nangzen" ou "bêtes parlantes" (paria des parias) en situation de dépendance absolue d'avec un maître n'apparaissent dans aucun code. Cette discrimination codifiée et non codifiée était toujours valable au Tibet en 1949. Selon les ethnologues chinois et américain Yuan Sha et Rebecca Redwood French elle ne cessera qu'en 1959. Jusqu'à cette date les deux codes étaient deux références constitutionnelles sacrées de la théocratie, chaque code étant par ailleurs considéré comme l'égal d'un sutra ou d'un tantra du bouddha.
Les candalas bouddhistes apparaissent sous ce nom en Corée, en Chine, au Népal, au Sri Lanka, au Japon, en Inde, bien que cette catégorie ait été abolie par Ambedkar en 1950.

L'on retrouvera cette terminologie dans de nombreux sutra du maha-vajrayana. Citons l'upasakasila sutra ou "traité des précepts de la morale du mahayana" de Darmaraksa composé en Chine au Vème siècle et traduit aujourd'hui par le Numata Center de Yehan Numata :
"...he is like an outcast (candala) who is unclear and impure and who destroy the bouddha dharma, such a person will not be looked upon favorably by the bouddha of ten direction" (la parenthèse -candala- est de bikshuni Shih-heng-shing, traductrice, ch.XIII "On Drawing on", Taisho, 1488 Vol.24, 1994).
Les candalas existent au Japon sous la forme des burakumin (gens des hameaux spéciaux), les eta (impurs), les hinin (non humains) et concernent aujourd'hui, bien que le gouvernement de Meiji (1868-1912) ait aboli cette distinction, 3,500 000 personnes.
La tentative d'intégration de ces communautés d'exclus baptisées "sinheimin" ou "nouveaux peuples du commun" par Meiji fut un échec. Le fascisme des bons citoyens (expression de Kitamura) y sera pour beaucoup. Citons ceux qui des historiens et enthnologues militeront et chercheront pour la cessation de cette odieuse discrimination : Wakita Osamu, Kida Sadakichi, Takahashi Teiki, Miyoshi Iheiji, Kitayama Shigeo...
(Nous citerons par ailleurs, mais de façon critique, certains juristes universitaires conservateurs ou libéraux japonais tels que Ichiro Kitamura, Yosiyuki Noda,Tadakazu Fukase, Takehisa Awaji. Ces juristes libéraux de double culture sont très appréciés en France, au Japon ou aux USA).

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L'organisation sociale-religieuse bouddhiste ne relevant pas d'une critique politique et sociale, c'est-à-dire d'une ouverture au monde sans discrimination, sans propriété et sans richesse, a donné naissance à un faisceau de "nationales-communautés", prolongement directe de l'administration impériale ou royale, ou des moyens ancestraux de domination.

L'approche sociologique du fait religieux comparé nous montre que les "nationales-communautés" (se réclamant d'une essence nationale) ont fourni aux pouvoirs centraux laïcs un modèle idéal de subordination.
Cette subordination se traduira par l'uniformisation du rapport de la masse aux hiérarchies héréditaires jusqu'au niveau de la vie quotidienne, éliminant toutes les résistances et mobilisant jusqu'à la nation (Japon, Tibet, Chine, Corée, Viêt-nam... mais également, hier, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbeskistan, le Tadjikistan, une partie de l'Irak, de l'Iran, de la Turquie, etc....)
Cette modélisation (servitude totale envers le bonze, le lama tulku, le moine, le révérend, le prêtre, le tennô (empereur) descendant des dieux ou dieu vivant) permit, d'une génération à l'autre, la reproduction de l'appareil hiérarchique de l'Etat, sans que la théocratie ne s'affiche au grand jour (Japon).
Il existe de nombreuses lettres/documents testamentaires de maîtres chinois, japonais, coréens témoignant des ambitions normatives et immorales des familles monastiques, d'héritiers ou de chefs de lignées, chassant le naturel ou gauchissant le fait naturel du dharma pour répondre aux exigences publiques des Etats ou aux souhaits cachés des familles historiques.
Ces liens furent d'authentiques instruments religieux, psychologiques et juridiques, de prédation. Une expression populaire tibétaine (et japonaise selon une autre forme) dit à propos des lamas, "ambassadeurs des généalogies divines du maha-vajrayana sur Terre" : "qu'ils tiennent fermement le vide en laisse et le peuple à la gorge".

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La prédation par les inégalités religieuses se résume à l'exercice d'un pouvoir religieux héréditaire qui se doit d'être conforme, par le non changement, le vide étant synonyme de stabilité ubiquitaire ou la nature/support immuable des choses (doctrine ésotérique, 2/°°° de la population pratiquante sera réellement initiée) au Tibet, en Chine, en Inde, en Corée, à Taiwan et au Japon.
Les héritiers de la prédation religieuse lient, aujourd'hui, les bouddhistes capitalistes, maîtres des contrats d'affaire internationaux à Taiwan, Hong Kong, Singapour, Bangkok, Delhi, Shanghaï, Bombay, New York, Los Angeles, Tokyo, Washington, Paris, Londres... aux communautés pauvres, esclaves de la dette (karmique ou non), elle aussi immuable.


L'histoire du crime bouddhiste et hindouiste dispose d'une source judiciaire originale, si l'on veut bien regarder les choses ainsi, en la "dette karmique" (qui apparait dans le processus de jugement en pénal tibétain, voir notre intro). La dette (au Tibet, en Inde, au Pakistan, au Japon, en Chine) lie le sujet/objet, la plupart du temps insolvable, au maître religieux du "travail purificateur": karmayoga (ou lien : yoga, aux fruits de vos actions passées, karma, reflet fidèle de vos droits et de vos devoirs en ce temps). Cette purification sera "sans rachat d'aucun droit en cette vie" si vous naissez tout au bas de l'échelle sociale. La prédation religieuse aura bien lieu sur une unité territoriale bornée (le lieu de naissance) dans le temps universel des maîtres (que vous retrouverez dans le contexte de la croyance, de vie en vie).
Le marché de la circulation/confiscation des domaines (aujourd'hui la propriété), du servage laïc et religieux (aujourd'hui le salariat) pour dette (votre position sociale relève de actes et de vos dettes envers le passé, souvent, par ailleurs, envers les maîtres ou le dharma; en fait, plus les conditions de naissance et de vie sont mauvaises, plus vous aurez malmené les enseignements, les communautés de moines et les maîtres durant vos vies) et le marché du produit du servage (aujourd'hui la spéculation sur le travail, les valeurs et la production) ne sont pas dissociables du calendrier des rites, des cultes et des divinités protectrices.

Nous retrouverons ce problème traité dans le chapitre "Les institutions bouddhiques et le rejet de l'engagement social" ("Zen en guerre") du bonze Brian Victoria. Le service administratif du jodoshinshu institutionnel au Japon publie un communiqué en janvier 1911 sur sa position quant aux bonzes dissidents engagés contre l'altérité et dont certains furent condamnés à la peine de mort pour complot contre l'empereur :
" l'an dernier, certaines personnes dévouées à la cause de l'extrêmisme socialiste ont ourdi un extraordinaire complot. Ce faisant, elles ont non seulement violé le principe fondamental de notre secte, qui enseigne la coexistence de la vérité relative et absolue, mais encore rejeté la doctrine bouddhique de la causalité. Ce n'est pas ainsi que doivent se comporter les bonzes de notre secte (...) Et pourtant il y a un bonze de notre secte (Takagi Kenmyo, 1864-1914, qui évitera la potence et mourra en prison) qui fait partie de ces gens là (...) Les membres de notre secte doivent sans tarder corriger leur pensée pour la mettre en conformité avec l'enseignement de la secte selon lequel la Loi du souverain est suprême et les relations entre les hommes doivent être fondé sur la bienveillance (...) Conformément à l'enseignement de la secte sur la coexistence de la vérité relative et absolue, ils doivent appréhender la profondeur de la dette de gratitude qu'ils ont accumulée envers leur pays comme envers le ciel (...) Les membres de notre secte qui ont un rôle dirigeant doivent tout spécialement prêter attention à ce que font les bonzes et les laïcs qu'ils ont la charge de surveiller (...) Vous devez éliminer les idées fausses sans jamais relacher votre vigilance"... (extrait, selon l'auteur, du chugaî nippô, n°3259, 29 janvier 1911. Cette année verra la reconduction de l'alliance anglo-japonaise et la ratification de traités commerciaux vitaux nippo-américain).

Ce bouddhisme altéré dans sa mission initiale (la lutte contre le crime et la misère, la protection des plus faibles, la lutte contre les causes des guerres, des famines, des conflits politiques, des épidémies) a conduit la doctrine bien loin de l'idéalisme prêché par bouddha. La liturgie et le rite officiel forment encore, et ce n'est un secret pour personne, les représentants du culte aux affaires et au droit, à la politique et à la recherche scientifique militaire, au commerce temporel. Certains pratiqueront l'usure illicite et le prêt sur gage.
En fait, et ceci n'est pas nouveau, plus la corruption ou l'altération du fait spirituel dans le contexte socioreligieux est grande plus le perfectionnisme déformant est significatif à l'intérieur comme à l'extérieur des communautés.
Dans ce contexte général de délinquance (religieuse, scientifique, économique ou politique) l'on observera de façon synchrone le durcissement de l'application des règles du système légal ou des peines dans le corps social.

Les juristes et sociologues juridiques japonais Takeshi Yasuda, Ichiro Kitamura, noteront au chapitre des inconvénients des formes juridiques préétablies (les modèles religieux ou juridiques codifiés hérités des familles, des institutions ou des maîtres) kata, dures, hô (droit précepte dur, hard law (la cane ou la règle religieuse par excellence dans ce qu'elle a d'excessif et de répréhensible) : le formalisme, le ritualisme, l'oppression des initiatives, la fuite devant la liberté...
Allant plus loin dans l'étude de "l'homme juridique au Japon" au XXIème siècle, ils dénoncent le danger du durcissement des règles ou des liens prévus pour être souples et non coercitifs (fondement de la réforme bouddhiste progressiste du mahayana ouvert aux changements sociaux et support de rupture d'avec le hinayana monastique (premier véhicule) jugé trop stricte par les règles).
"Le risque court, écrivent Ichiro Kitamura et Kawaï, de voir les faibles éloignés et même persécutés par les autres membres de la "maison", au bureau comme à l'école, ce qui semble constituer une sorte de noviciat de la morale dirigiste et standardisante." Ichiro Kitamura parlera de "fascisme des bons citoyens". Ce qui est vrai pour le droit est vrai pour le religieux ayant la force du droit.

Les communautés élitistes bouddhistes, liées aux pays riches maîtres des contrats, ont vécu pendant des siècles du triomphe d'une logique (l'interprétation d'une doctrine nouvelle, "vijnapti matrata siddhi", par. 11) et d'une légitimité fonctionnant réellement avec l'accroissement de la pauvreté... Le bouddhisme communautariste des familles-Etat comme le libéralisme totalitaire se sont bien répandus mais la misère sociale a progressé d'autant.
Or si la misère sociale progresse en proportion de l'expansion de lois réputées régulatrices c'est que les lois sont fausses ou interprétées ou encore non appliquées.
Les lois réputées justes ne garantissent plus désormais la justice ou l'égalité. Les puissants, hier comme aujourd'hui, en fait tout détenteur d'un pouvoir, sont en mesure d'asservir légalement autrui...

Ce texte a été corrigé, remanié depuis le Japon où je vis le 27 juin 2006, C. Pose

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